Renault/Diesel: La BEI sollicite la justice française

vendredi 24 mars 2017 15h34
 

par Laurence Frost et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - La Banque européenne d'investissement (BEI) a sollicité la justice française afin de vérifier si des fonds qu'elle a octroyés à Renault sont ou non concernés par l'enquête en cours pour tromperie présumée sur les émissions diesel du constructeur automobile, montrent des documents dont Reuters a eu connaissance.

La division d'enquêtes sur les fraudes de la BEI, banque de l'Union européenne, a écrit au tribunal de grande instance de Paris pour solliciter une entrevue et lui proposer ses services.

Elle explique que dans le cadre de la mise en oeuvre des politiques de l'Union européenne, elle a octroyé plusieurs prêts à Renault afin de financer divers projets, y compris des activités de Recherche & Développement visant à réduire les émissions de CO2 de ses véhicules, pour un montant de plus de 800 millions d'euros.

"La BEI appliquant une politique de tolérance zéro envers la fraude et la corruption et s'efforçant de garantir qu'aucune activité illicite n'entache ses activités, nous souhaiterions solliciter une réunion avec vos services afin de déterminer si nos financements sont impliqués dans vos investigations et vous fournir toute assistance le cas échéant", écrit-elle dans une lettre datée du 30 janvier.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Renault, qui déclare régulièrement ne pas avoir enfreint les régulations en matière d'émissions, ou du parquet de Paris.

Ce dernier a ouvert en janvier une information judiciaire sur une présomption de "tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués" ayant pu rendre certaines voitures Renault dangereuses pour la santé.

Trois juges d'instruction ont été chargés de l'enquête.

Le parquet s'est vu transmettre en novembre un rapport préliminaire très critique de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les résultats des tests réalisés en France dans le sillage de l'affaire Volkswagen, et dont des extraits ont été rendus publics la semaine dernière.   Suite...

 
La Banque européenne d'investissement (BEI) a sollicité la justice française afin de vérifier si des fonds qu'elle a octroyés à Renault sont ou non concernés par l'enquête  en cours pour tromperie présumée sur les émissions diesel du constructeur automobile, montrent des documents dont Reuters a eu connaissance. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer