March 16, 2017 / 5:28 PM / 4 months ago

La croissance française devrait revenir au niveau de la zone euro

5 MINUTES DE LECTURE

L'économie française, qui a retrouvé un peu d'élan fin 2016, devrait rester relativement solide au premier semestre malgré un ralentissement de son principal moteur, la consommation des ménages, prédit l'Insee. Dans sa note de conjoncture trimestrielle publiée jeudi, l'institut voit même la France retrouver un rythme de croissance comparable à celui de ses voisins après trois années passées à la traîne de la zone euro. /Photo prise le 16 janvier 2017/Eric Gaillard

PARIS (Reuters) - L'économie française, qui a retrouvé un peu d'élan fin 2016, devrait rester relativement solide au premier semestre malgré un ralentissement de son principal moteur, la consommation des ménages, prédit l'Insee.

Dans sa note de conjoncture trimestrielle publiée jeudi, l'institut voit même la France retrouver un rythme de croissance comparable à celui de ses voisins après trois années passées à la traîne de la zone euro.

Il confirme tabler sur une croissance de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre mais a relevé à +0,5%, contre +0,4% précédemment, sa prévision pour le deuxième trimestre.

Cette révision fait "écho au vent d'optimisme qui souffle sur l'économie mondiale", a souligné Dorian Roucher, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

A ce rythme, l'acquis de croissance pour l'année 2017, c'est-à-dire l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement au deuxième semestre, s'établirait à 1,1% au 30 juin (contre 1,0% prévu en décembre), soit l'équivalent de la croissance obtenue sur l'ensemble de l'année 2016.

"Ces prévisions démontrent que la reprise observée depuis 2015 en France est solide et elles confirment que l'hypothèse du gouvernement d'une croissance de 1,5% en 2017 est sérieuse", a estimé le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin dans un communiqué.

Dans ce contexte, l'emploi devrait continuer de progresser sur la lancée de son net rebond de 2016, à un rythme cependant un peu freiné par un ralentissement de l'intérim et l'atténuation de l'"enrichissement de la croissance en emplois" lié aux mesures successives mises en oeuvre par le gouvernement (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, CICE), pacte de responsabilité et prime à l'embauche dans les PME.)

L'Insee attend ainsi 93.000 créations nettes de postes au premier semestre, après en avoir recensé 118.000 au cours de la deuxième moitié de 2016.

En parallèle, le taux de chômage au sens du BIT reviendrait à 9,5% en métropole mi-2017, contre 9,7% fin 2016.

L'investissement Moteur De Croissance

La croissance du premier semestre devrait donc légèrement accélérer malgré le ralentissement de la consommation des ménages, en lien avec un pouvoir d'achat érodé par le regain d'inflation.

L'investissement des ménages en logement devrait encore s'accentuer - en lien avec le dynamisme des mises en chantier - tandis que celui des entreprises devrait rester dynamique, profitant notamment, au premier trimestre, de la prolongation du dispositif de suramortissement.

Après avoir plombé l'activité en 2016, avec une contribution négative de 0,8 point, le commerce extérieur devrait nettement moins peser sur la croissance en ce début d'année (avec un acquis de -0,2 point à fin juin).

Les exportations totales devraient en effet nettement accélérer en 2017, avec un acquis de croissance à 2,6% mi-2017 contre seulement 1,1% pour l'ensemble de l'année 2016.

Les freins qui avaient pénalisé les exportations non manufacturières l'an dernier devraient se dissiper en ce début d'année : redémarrage de centrales nucléaires après les contrôles de sécurité en fin d'année et timide reprise de la fréquentation touristique, qui avait souffert des attentats.

Par ailleurs l'agriculture, qui avait érodé de 0,2 point la croissance en 2016 sous l'effet d'une chute de la production liée à des conditions climatiques exceptionnellement mauvaises, devrait contribuer cette fois positivement, sous réserve d'un retour à la normale de la météo.

Pour Vladimir Passeron chef du département conjoncture de l'Insee, les enquêtes sur le climat des affaires "signalent qu'il y a quelque chose qui s'est enclenché en termes de demande, tant en France qu'à l'étranger", en particulier dans l'industrie.

Cela permet donc de relativiser les chiffres décevants de la production industrielle et du déficit commercial de janvier, qui tiennent à un certain nombre d'éléments "relativement ponctuels", a-t-il rappelé.

D'autant que l'Insee table sur de nouvelles livraisons de grands contrats aéronautiques et navals au printemps pour redonner de l'élan aux exportations.

Au rang des aléas susceptibles de modifier ce scénario, l'Insee cite notamment les incertitudes politiques en Europe -qui pour l'instant n'ont pas entamé la confiance des investisseurs - ainsi que les interrogations sur l'ampleur de la relance budgétaire dont décidera l'administration Trump, sans oublier la vigueur de la reprise dans les économies émergentes.

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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