La BCE reste accommodante mais ne craint plus la déflation

jeudi 9 mars 2017 16h26
 

par Francesco Canepa et Balazs Koranyi

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée mais la tonalité un peu moins accommodante de son président au cours de sa traditionnelle conférence de presse s'est traduite par une appréciation de l'euro et une remontée des rendements obligataires qui a bénéficié aux valeurs financières.

Mario Draghi a souligné que la mention stipulant que le conseil des gouverneurs utiliserait tous les moyens à sa disposition en cas de besoin pour atteindre ses objectifs, qui figurait jusqu'à présent dans sa déclaration introductive, avait été supprimée.

"Cela a été supprimé (...) pour indiquer fondamentalement qu'il n'y a plus un sentiment d'urgence à prendre de nouvelles mesures (...) comme cela avait été motivé par les risques de déflation. Cela a été l'évaluation du conseil des gouverneurs", a déclaré Mario Draghi lors de sa conférence de presse.

"Je dirais que les risques de déflation ont largement disparu. Les anticipations d'inflation sur les marchés financiers ont sensiblement augmenté", a-t-il ajouté.

L'euro s'est apprécié après ces propos, repassant momentanément au-dessus de 1,06 dollar, tandis que le rendement des emprunts d'Etat allemands à 10 ans a pris 5 points de base à 0,43%. Les Bourses européennes ont effacé leurs pertes à la faveur de la hausse des valeurs financières.

En Allemagne, l'institut d'études économiques Ifo et la fédération bancaire allemande BdB ont appelé ce jeudi la BCE à cesser de stimuler l'économie à coup de mesures monétaires, arguant du fait que l'inflation de la zone euro a atteint le mois dernier son objectif d'une hausse proche de 2% l'an.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, avait aussi plaidé pour un "début de sortie en temps opportun" de la politique monétaire ultra-accommodante.

La BCE a toutefois laissé ses taux directeurs inchangés et a confirmé la prolongation de son programme d'achats d'actifs jusqu'à la fin de l'année bien qu'à un rythme ralenti de 60 milliards d'euros par mois à compter d'avril contre 80 milliards actuellement, comme annoncé en décembre.   Suite...