Le risque politique en Europe peut-être surévalué par les marchés

mercredi 8 mars 2017 17h13
 

PARIS (Reuters) - Les échéances électorales qui se profilent en Europe, en premier lieu l'élection présidentielle française, font peser sur les marchés financiers un risque politique que les investisseurs auraient tendance, selon plusieurs gérants, à surévaluer.

Les opérateurs de marché redoutent notamment une victoire de la candidate du Front national à l'élection présidentielle en France, qui ouvrirait la perspective d'une sortie du pays de la zone euro.

"Les élections françaises ravivent les craintes sur la zone euro mais ces craintes nous semblent très exagérées", indiquent dans une note les gérants d'Amundi.

Un avis partagé par Michael Affalo, directeur des gestions de BFT IM, qui parle de "méfiance surfaite" et juge faible la probabilité d'un "vote de rupture" par les Français dans quelques semaines.

Mais le vote surprise des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne puis la victoire inattendue de Donald Trump dans la course à la Maison blanche ont rendu les intervenants de marché particulièrement méfiants à l'égard des sondages, observe Philippe Weber, co-responsable des études et de la stratégie chez CPR Asset Management.

"Chat échaudé craint l'eau froide", dit-il. "Quand les sondages donnent 60% pour Emmanuel Macron contre 40% pour Marine Le Pen au second tour, les marchés lisent 52-48."

POSITIONS SPECULATIVES SUR LA DETTE FRANCAISE

Les craintes des investisseurs se font sentir en particulier sur le marché obligataire avec des positions spéculatives importantes qui paraissent découler du risque politique français.   Suite...

 
Les échéances électorales qui se profilent en Europe, en premier lieu l'élection présidentielle française, font peser sur les marchés financiers un risque politique que les investisseurs auraient tendance, selon plusieurs gérants, à surévaluer. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau