L'AIE met en garde contre une pénurie d'offre de pétrole en 2020

lundi 6 mars 2017 18h46
 

LONDRES (Reuters) - L'offre mondiale de pétrole pourrait avoir du mal à répondre à la demande après 2020, année à partir de laquelle la baisse des investissements depuis 2015 pourrait faire tomber les capacités de réserve à un creux de 14 ans et provoquer une flambée des cours, met en garde l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Dans leur ensemble, les investisseurs ne s'attendent pas à une hausse prononcée des cours dans un avenir proche mais la contraction des dépenses d'investissement ces deux dernières années et la progression de la demande mondiale signifient que le marché pourrait devoir faire face à une "pénurie d'offre" si de nouveaux projets d'extraction ne sont pas rapidement validés, écrit l'AIE dans son rapport "Pétrole 2017" sur les perspectives à cinq ans.

"Il n'est pas trop tard pour éviter une pénurie d'offre, à condition que les entreprises commencent sans délai à approuver des travaux de développement", juge l'agence.

La croissance de l'offre proviendra essentiellement des Etats-Unis, où la production de pétrole de schiste augmentera de 1,4 million de barils par jour (bpj) d'ici 2022 même si les prix restent autour de 60 dollars le baril, estime l'AIE.

"Les Etats-Unis réagissent plus rapidement que les autres producteurs aux signaux de prix. Si les prix grimpent à 80 dollars le baril, la production américaine (de schiste) pourrait augmenter de 3 millions de bpj en cinq ans", écrit l'agence.

Si les cours se rapprochent de 50 dollars, la production de schiste pourrait baisser à partir du début de la prochaine décennie.

"Nous assistons au départ d'une deuxième vague de croissance de l'offre américaine et son ampleur dépendra de l'évolution des cours", dit Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. "Mais l'heure n'est pas à l'autosatisfaction. Nous n'anticipons pas de pic de la demande mondiale dans un avenir proche. Et à moins que les investissements ne rebondissent fortement à travers le monde, une nouvelle période de volatilité des prix point à l'horizon."

Les capacités mondiales de production de pétrole devraient augmenter de 5,6 millions de bpj d'ici 2022, l'essentiel de cette hausse, environ 60%, provenant des pays extérieurs à l'Opep.

Ces derniers, emmenés par les Etats-Unis, devraient porter leurs capacités à 60,9 millions de bpj d'ici 2022, avec une forte accélération en 2018 et 2019 avant un ralentissement ensuite, pense l'AIE.   Suite...

 
L'offre mondiale de pétrole pourrait avoir du mal à répondre à la demande après 2020, année à partir de laquelle la baisse des investissements depuis 2015 pourrait faire tomber les capacités de réserve à un creux de 14 ans et provoquer une flambée des cours. /Photo d'archives/REUTERS/Lucy Nicholson