Airbus va se battre sur deux fronts pour renflouer l'A400M

lundi 27 février 2017 20h14
 

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Face aux nouvelles difficultés de l'A400M, Airbus va mener de rudes négociations sur deux fronts, cherchant à la fois à convaincre les Etats clients et les motoristes d'éponger une partie des pertes de l'avion de transport militaire.

Le groupe a demandé jeudi dernier de nouvelles discussions avec les Etats européens afin de diminuer les "lourdes pénalités" liées au retard du programme qui l'ont forcé à passer une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros dans ses comptes du quatrième trimestre 2016.

Airbus a annoncé lundi soir la nomination d'un nouveau responsable du programme de l'A400M, ainsi que d'un adjoint aux avions militaires.

Le programme de 20 milliards d'euros a pâti de querelles politiques depuis son lancement en 2003. En parlant de nouvelle "crise" et en réclamant des discussions ministérielles, Airbus semble reprendre la stratégie qui lui avait permis d'obtenir un renflouement de 3,5 milliards d'euros en 2010.

Cette fois, le président exécutif d'Airbus Tom Enders va avoir plus de mal à obtenir un nouvel accord pour venir de nouveau en aide à l'A400M, dont les sept pays clients sont l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg et la Turquie, estiment des analystes et des sources proches du dossier.

"Je vois pourquoi Tom Enders fait ça, parce qu'ils doivent arrêter l'hémorragie", a estimé un participant à des négociations passées.

"Mais ça va être difficile. Les Etats ne roulent pas sur l'or et ont du mal à financer le matériel qu'ils ont déjà."

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Face aux nouvelles difficultés de l'A400M, Airbus va mener de rudes négociations sur deux fronts, cherchant à la fois à convaincre les Etats clients et les motoristes d'éponger une partie des pertes de l'avion de transport militaire. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol