27 février 2017 / 08:47 / dans 7 mois

Snap et les fantômes des débuts boursiers ratés de la high-tech

Snap, propriétaire de la messagerie Snapchat, semble bien parti pour décrocher cette semaine le titre de plus grosse introduction en Bourse du secteur des hautes technologies depuis Facebook mais l'histoire montre que les investisseurs qui n'auront pas participé à l'opération ont intérêt à attendre avant de partir à la chasse au petit fantôme. /Photo prise le 24 janvier 2017/REUTERS/Brendan McDermid

(Reuters) - Snap semble bien parti pour décrocher cette semaine le titre de plus grosse introduction en Bourse du secteur des hautes technologies depuis Facebook mais l‘histoire montre que les investisseurs qui n‘auront pas participé à l‘opération ont intérêt à attendre avant de partir à la chasse au petit fantôme.

Les actions des 25 plus importantes IPO de la “high-tech” ont au mieux stagné au cours des 12 premiers mois de cotation et 16 d‘entre elles ont lourdement chuté par rapport à leur premier cours coté, selon une analyse des performances réalisée par Reuters. Huit des 10 plus grosses ont subi des chutes allant de 25% à 71%.

Parmi les seules IPO américaines, 14 des 25 plus importantes ont baissé au cours de leur première année en Bourse, dont neuf des 15 qui avaient levé au moins un milliard de dollars. Les baisses se sont échelonnées entre 9% et plus de 80%.

Snap, propriétaire de la messagerie Snapchat, devrait lever entre 2,8 et 3,2 milliards de dollars, ce qui en ferait l‘une des cinq plus importantes introductions en Bourse des hautes technologies selon les données de Thomson Reuters Deals Intelligence. L‘entreprise se classerait troisième parmi les seules IPO américaines.

Thomson Reuters IFR a rapporté vendredi que l‘offre publique de vente était sursouscrite, en dépit des interrogations de certains investisseurs sur la gouvernance de l‘entreprise et sa capacité à générer des profits. Le prix d‘introduction devrait être fixé mercredi et la première cotation est attendue jeudi, 2 mars, sur le New York Stock Exchange, sous le symbole SNAP.

La performance médiane au cours de la première année des plus grosses introductions en Bourse des hautes technologies est une baisse de 22,3%. Et les plus grosses du classement, Alibaba et Facebook, ont chacune perdu environ 30% sur leurs 52 premières semaines de cotation.

L‘une des sociétés de ce classement n‘a même pas passé le cap de la première année: il s‘agit du fournisseur d‘accès à internet néerlandais World Online, sixième IPO de tous les temps avec 2,8 milliards de dollars levés en mars 2000, le mois du pic des valeurs internet. Le titre a chuté de 68% avant que l‘entreprise ne soit rachetée par l‘italien Tiscali dix mois plus tard.

DES LICORNES AUX FORTUNES DIVERSES

Les entreprises américaines de ce palmarès, qui incluent des vedettes du “boom internet” du début des années 2000 comme Palm, Viasystems, Genuity et Infonet, affichent une baisse médiane de 17,2% sur leur première année en Bourse.

Et les “licornes” telles que Snap ne font pas exception à la règle: les cinq derniers noms du classement des 25 plus grosses IPO américaines affichant une valorisation pré-introduction d‘au moins un milliard de dollars, Groupon, Zynga, Facebook, Twitter et Fitbit, ont toutes piqué du nez au cours de leur première année. Seul Facebook a remonté entièrement la pente depuis.

Certes, la liste intègre aussi des réussites incontestables, comme Alphabet, entré en Bourse sous le nom de Google en août 2004 et qui a gagné près de 180% au cours de sa première année de société cotée. Le groupe allemand d‘électronique EPCOS, aujourd‘hui retiré de la Bourse, avait quant à lui gagné 140% en un an après son introduction d‘octobre 1999.

Pour d‘autres grands noms de la liste, après une première année difficile, la tendance s‘est inversée: Facebook, qui a levé 16 milliards de dollars en mai 2012 avant une entrée sur le Nasdaq marquée par des problèmes techniques, a perdu plus de la moitié de sa valeur en quatre mois. Mais il s‘est largement rattrapé depuis, gagnant plus de 660% par rapport à son plus bas de septembre 2012.

Le titre vaut aujourd‘hui plus de trois fois et demie son premier cours de clôture.

Pour Alibaba, le rebond a été plus modeste avec un gain d‘environ 9% par rapport au cours de clôture du 19 septembre 2014 et de près de 80% par rapport au point bas atteint un an après la première cotation.

Au bout de cinq ans de cotations, ou au dernier cours si leur IPO date de moins de cinq ans, les plus grosses IPO américaines affichent un gain médian de 29,1%.

A l‘échelle mondiale, cinq ans après leurs débuts, bon nombre des plus importantes introductions étaient encore à la peine, avec 14 performances négatives au sein du “top 25”. La performance médiane pour cet échantillon est une baisse de 35%.

Marc Angrand pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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