February 23, 2017 / 2:19 PM / 5 months ago

La Bundesbank impute à la BCE la baisse de ses profits

3 MINUTES DE LECTURE

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann. La banque centrale allemande, a réalisé en 2016 son plus faible bénéfice annuel depuis 12 ans, conséquence des provisions passées pour couvrir les pertes potentielles sur les obligations qu'elle achète dans le cadre de la politique d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne, montre son rapport annuel publié jeudi. /Photo prise le 23 septembre 2016/Axel Schmidt

FRANCFORT (Reuters) - La Bundesbank, la banque centrale allemande, a réalisé en 2016 son plus faible bénéfice annuel depuis 12 ans, conséquence des provisions passées pour couvrir les pertes potentielles sur les obligations qu'elle achète dans le cadre de la politique d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne, montre son rapport annuel publié jeudi.

La baisse des profits de la Buba se traduira par une moindre contribution au budget fédéral allemand et, conjuguée à la menace de pertes futures sur son portefeuille de titres, elle devrait se traduire par un renforcement des critiques allemandes visant la BCE.

"Il est normal de demander (...) quand on lèvera le pied de la pédale de la politique monétaire", a déclaré le président de l'institution, Jens Weidmann, en présentant le rapport annuel. "Notamment parce qu'une mesure essentielle de la mise en oeuvre de la politique monétaire ultra-accommodante est l'achat à grande échelle d'obligations d'Etat, ce sur quoi, vous le savez, je suis très critique."

La Buba a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 399 millions d'euros, le plus faible depuis 2004, divisé par huit par rapport à celui de 3,2 milliards enregistré en 2015. Cette baisse est due pour l'essentiel à l'augmentation des provisions sur les titres achetées dans le cadre du QE (quantitative easing) de la politique de la BCE, étendue depuis juin à la dette d'entreprise, ainsi que sur les prêts aux banques.

"Les achats de titres à long terme (à des taux d'intérêt très bas) pour des raisons de politique monétaire et les nouvelles opérations de refinancement à long terme ciblées (d'une maturité de quatre ans à taux d'intérêt négatif) se sont traduits par (...) une augmentation du risque de taux d'intérêt", précise la Bundesbank dans son rapport.

Les provisions ont ainsi atteint 21,9 milliards d'euros fin 2016 contre 19,6 milliards fin 2015.

Pour l'instant, néanmoins, la banque centrale allemande dégage des profits sur son portefeuille d'obligations. Ironie de l'histoire, ces bénéfices proviennent principalement des obligations émises par des pays en difficulté comme la Grèce, qui offrent des rendements élevés, acquis entre 2010 et 2012, pendant la crise de la dette, malgré l'opposition de la Buba.

A l'opposé, les obligations d'Etat allemandes achetées dans le cadre de la politique de QE de la BCE depuis 2015, dont une partie est en taux d'intérêt négatifs, se sont soldées en 2016 par une perte modeste.

Francesco Canepa, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français

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