Le logement social mal adapté pour les plus modestes

mercredi 22 février 2017 11h18
 

PARIS (Reuters) - Le logement social en France est d'un accès trop long et complexe et il ne répond que très imparfaitement à sa mission d'accueillir les populations aux revenus les plus bas, estime la Cour des comptes.

Dans un rapport publié mercredi, la Cour s'inquiète aussi de la baisse "préoccupante" du taux de rotation des bénéficiaires de logements sociaux et plaide pour une plus grande transparence des critères et des procédures d'attribution.

La Cour des comptes se livre pour la première fois à une radiographie du logement social qui, avec 4,8 millions d'unités, représente 17% du parc de logements en France et près de la moitié du parc locatif total.

Les aides publiques qui lui sont consacrées s'élevaient à 17,5 milliards d'euros en 2014 : huit milliards d'aides personnelles (APL) et 9,5 milliards d'aides aux organismes de logement social, pour l'essentiel (7,5 milliards) destinées à la construction.

Le rapport estime que le logement social procure à ses locataires une économie de loyers de l'ordre de 40% en moyenne nationale, et même de 50% en Ile-de-France, soit un avantage global de l'ordre de 13 milliards d'euros par an.

Il relève que la réglementation fixe des conditions peu sélectives pour y accéder, puisque quasiment les deux tiers de la population se situent sous le plafond de ressources fixé pour accéder à la catégorie la plus répandue.

UNE OFFRE MAL ADAPTÉE A LA DEMANDE

Dans les faits, le logement social se spécialise pourtant de plus en plus dans l'accueil des ménages modestes et défavorisés, à l'exception notable de l'Ile-de-France où il reste réparti presque également entre toutes les strates de revenu, du fait d'un très faible taux de rotation des locataires.   Suite...

 
Le logement social en France est d'un accès trop long et complexe et il ne répond que très imparfaitement à sa mission d'accueillir les populations aux revenus les plus bas. /Photo prise le 8 septembre 2016/REUTERS/Joe Penney