Airbus plombé par l'A400M malgré de solides résultats

mercredi 22 février 2017 10h28
 

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Airbus recule en Bourse mercredi, plombé par les déboires de l'avion de transport militaire A400M et malgré des résultats annuels supérieurs aux attentes grâce à ses avions civils A320 et A350.

Le groupe d'aérospatiale et de défense perd 1,9% à 65,95 euros à 10h25 à la Bourse de Paris, accusant la plus forte baisse du CAC 40 (+0,33%), après avoir annoncé une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros pour l'A400M, portant le total pour 2016 à 2,2 milliards.

Airbus précise dans un communiqué viser pour 2017 une hausse d'environ 5% de son bénéfice d'exploitation (Ebit) ajusté à périmètre constant, après une baisse de 4% à 3,955 milliards d'euros en 2016, au-dessus du consensus réalisé par Inquiry Financial pour Reuters (3,83 milliards).

Mais les perspectives du groupe sont déjà largement intégrées dans les consensus d'analystes, souligne Bernstein dans une note.

Airbus a dit ne pas anticiper à ce stade de nouvelle charge pour l'A400M cette année, au cours de laquelle il compte livrer plus de 20 unités de l'avion, après seulement 17 en 2016, soit moins que prévu.

Près de sept ans après un renflouement massif du programme, Airbus doit de nouveau négocier avec les Etats clients pour les rassurer sur le calendrier de livraisons et les capacités militaires réelles de l'avion, qui a rencontré de nouveaux problèmes de moteur.

"Nous croyons sincèrement que si nous arrivons à nous entendre de manière raisonnable, nous devrions parvenir à bien mieux faire évoluer le programme afin d'arrêter ou de réduire l'hémorragie qui affecte l'ensemble du groupe", a déclaré le président exécutif Tom Enders.

L'Allemand, qui a bouclé la dernière étape d'une réorganisation réduisant l'influence des Etats actionnaires, a estimé que le groupe mais aussi ses clients avaient sous-estimé la complexité d'un programme particulièrement sophistiqué.   Suite...

 
Airbus, dont les résultats annuels ont dépassé les attentes, s'est fixé pour priorité de réduire cette année les risques liés à l'avion de transport militaire A400M, à l'origine d'une charge totale de 2,2 milliards d'euros en 2016. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol