18 février 2017 / 11:14 / il y a 6 mois

Merkel reconnaît que la valeur de l'euro est un "problème"

Angela Merkel a reconnu samedi, lors d'une conférence sur la sécurité à Munich, que la valeur de l'euro était trop basse ce qui pose un "problème" à l'Allemagne mais a souligné que Berlin n'avait pas les moyens de le résoudre, la politique monétaire étant définie par la Banque centrale européenne (BCE). /Photo prise le 18 février 2017/Guido Bergmann/Bundesregierung/Handout via Reuters

MUNICH (Reuters) - Angela Merkel a admis samedi que la valeur de l'euro était trop basse ce qui pose un "problème" à l'Allemagne mais a souligné que Berlin n'avait pas les moyens de le résoudre, la politique monétaire étant définie par la Banque centrale européenne (BCE).

"Nous avons en ce moment dans la zone euro bien sûr un problème avec la valeur de l'euro", a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence sur la sécurité à Munich à laquelle assistait le vice-président américain, Mike Pence.

L'euro a perdu environ 25% de sa valeur face au dollar au cours des trois dernières années. Il est tombé le mois dernier à 1,034 dollar, son plancher en quatorze ans, mais s'est repris depuis d'environ trois centimes.

Les propos d'Angela Merkel ont paru répondre aux commentaires d'un conseiller commercial du président Donald Trump, Peter Navarro, qui a accusé l'Allemagne de bénéficier d'un euro "largement sous-évalué" par rapport au dollar.

Dans son intervention, la chancelière n'a pas souhaité s'étendre sur la question de l'excédent de la balance commerciale de l'Allemagne, reconnaissant toutefois que ce sujet fera partie des échanges que les autorités de Berlin et Washington auront dans les semaines et mois qui viennent.

Mais elle s'est attirée les applaudissements en faisant remarquer que les Etats-Unis n'avaient aucune raison de se plaindre du niveau des importations allemandes.

"Si vous regardez dans cette salle le nombre d'iPhones et de produits Apple qu'il y a, je pense que le vice-président (Mike Pence) peut-être pleinement satisfait, et il y a sans doute encore de la place dans la 5e Avenue pour des voitures allemandes".

S'agissant de la BCE et de sa politique en matière de changes, un domaine qu'elle évoque rarement, Angela Merkel a estimé que "la BCE a une politique monétaire qui n'est pas orientée vers l'Allemagne mais plutôt adaptée au Portugal, à la Slovénie ou à la Slovaquie".

"Si nous avions encore le deutsche mark, il aurait certainement une valeur différente de celle de l'euro en ce moment. Mais il s'agit d'une politique monétaire indépendante sur laquelle je n'ai pas d'influence en tant que chancelière allemande", a-t-elle ajouté.

Noah Barkin et Andrea Shalal Pierre Sérisier et Gilles Trequesser pour le service français

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