Les biotechs ne veulent pas d'un grand chambardement à la FDA

mercredi 15 février 2017 13h32
 

par Deena Beasley

(Reuters) - La promesse du président Donald Trump de réduire les contraintes réglementaires d'au moins 75% donne des sueurs froides à certains responsables de l'industrie pharmaceutique américaine qui craignent qu'une agence du médicament trop laxiste ne démonétise leurs produits.

Après avoir critiqué les prix trop élevés de nombreux médicaments, Trump a dit vouloir favoriser la concurrence en accélérant la procédure d'autorisation de mise sur le marché, qui est du ressort de la Food and Drug Administration (FDA).

La perspective d'un grand chambardement à la FDA a amené la société de biotechnologies Marathon Pharmaceuticals à annoncer lundi une "pause" dans le lancement de son traitement contre la dystrophie musculaire de Duchenne, une maladie rare, dont le coût annuel de 89.000 dollars (84.000 euros) a suscité des froncements de sourcils au Congrès.

Lors d'une récente rencontre avec des conseillers de Donald Trump, les lobbyistes du secteur ont expliqué qu'il ne fallait pas mettre à la tête de la FDA une personnalité favorable à une accélération du processus d'autorisation, a dit l'organisation professionnelle BIO (Biotechnology Innovation Organization) à Reuters.

Ce sentiment est partagé par les responsables d'une dizaine de sociétés que Reuters a interrogés. La FDA est déjà en train de revoir ses procédures et un examen trop laxiste des nouveaux traitements pourraient mettre les patients en danger, estiment-ils.

"On dit souvent que la FDA est trop restrictive", dit Roger Perlmutter, responsable de la recherche et développement chez Merck & Co. "Nous avons le sentiment que l'équilibre actuel est assez bon, on a un profil risque/bénéfice assez bien caractérisé."

De fait, les laboratoires, contrairement à bien d'autres secteurs d'activité, n'ont pas intérêt à une trop grande dérégulation. Un processus d'examen minutieux des nouveaux médicaments est essentiel pour convaincre les médecins de les prescrire et les assureurs de les rembourser.

"C'est une bonne chose que l'administration cherche à déréguler (...) pour rendre le secteur privé plus concurrentiel", dit John Maraganore, directeur général du laboratoire Alnylam Pharmaceuticals et co-président de la commission de régulation de BIO. "Mais ceux qui paient veulent être sûrs que le produit vaut son prix."   Suite...

 
Le siège de la Food and Drugs Administration (FDA). La promesse du président Donald Trump de réduire les contraintes réglementaires d'au moins 75% donne des sueurs froides à certains responsables de l'industrie pharmaceutique américaine qui craignent qu'une agence du médicament trop laxiste ne démonétise leurs produits. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Reed