Le projet de cession d'Opel annonce un tournant stratégique

mercredi 15 février 2017 12h29
 

par Joseph White

(Reuters) - La décision de la directrice générale de General Motors, Mary Barra, de mettre en vente sa filiale européenne Opel marque un tournant décisif pour le constructeur automobile américain, qui a été dans le passé leader mondial du secteur.

Si Barra parvient à céder Opel à PSA - sachant que des sources proches des négociations ont fait savoir mardi qu'il restait encore beaucoup de détails à régler - elle aura tenu sa promesse de faire en sorte que GM se transforme de lui-même, plutôt que d'attendre un choc provenant de forces extérieures.

La vente d'Opel signifie que GM ne cherche plus à être un acteur de premier plan sur tous les marchés et se concentre désormais sur sa capacité à dégager de la trésorerie et sur sa rentabilité, plutôt que sur le nombre de voitures vendues.

Certes, renoncer ainsi à certains marchés, surtout en Europe de l'Ouest, comporte des risques. Mais GM est confronté à la nécessité pressante d'inverser sa tendance à perdre du terrain sur ses principaux marchés. Et en même temps, la faible valorisation du groupe en Bourse pousse Mary Barra à prendre des mesures radicales.

Malgré le rebond de près de 5% mardi à la suite de l'annonce de discussions en cours avec PSA, l'action GM reste en-dessous du niveau de 41 dollars auquel elle se trouvait lorsque Mary Barra a pris les rênes du groupe il y a trois ans.

"Nous pensons que les investisseurs sont disposés à accepter des mesures plus radicales pour optimiser l'allocation de capitaux", écrit l'analyste de Morgan Stanley, Adam Jonas.

La cession de GM Europe n'a pas la dimension technologique à laquelle Barra fait généralement référence lorsqu'elle évoque une transformation du groupe. Mais il s'agit d'un changement d'orientation majeur de la stratégie de la société.

Les responsables de GM ont longtemps affirmé qu'Opel lui garantissait le savoir-faire pour développer, si nécessaire, les petites voitures sur les marchés américains et asiatiques. C'est l'une des raisons pour lesquelles GM a renoncé à son projet de cession de son activité européenne à Magna en 2009.   Suite...

 
La décision de la directrice générale de General Motors, Mary Barra (photo), de mettre en vente sa filiale européenne Opel marque un tournant décisif pour le constructeur automobile américain, qui a été dans le passé leader mondial du secteur. /Photo prise le 15 décembre 2016/REUTERS/Rebecca Cook