February 14, 2017 / 4:40 PM / 5 months ago

Les USA auront du mal à réaliser 4% de croissance, selon une enquête

4 MINUTES DE LECTURE

Au port de Los Angeles. Les promesses de déréglementation et de relance budgétaire de Donald Trump devraient donner un léger coup de pouce à l'économie américaine cette année, montre une enquête de Reuters publiée mardi, mais les économistes pensent que la probabilité que la croissance atteigne les 4% visés par le nouveau président est faible. /Photo d'archives/Bob Riha

(Reuters) - Les promesses de déréglementation et de relance budgétaire de Donald Trump devraient donner un léger coup de pouce à l'économie américaine cette année, montre une enquête de Reuters publiée mardi, mais les économistes pensent que la probabilité que la croissance atteigne les 4% visés par le nouveau président est faible.

Trump s'est engagé à procéder à d'importantes baisses d'impôts pour les particuliers et pour les entreprises, tout en promettant des dépenses budgétaires massives et un allègement de la réglementation, afin de relancer la croissance aux Etats-Unis.

Malgré l'exubérance des marchés qui a immédiatement suivi l'élection de Trump, les 58 économistes qui ont accepté de répondre à une question supplémentaire jugent que les chances d'atteindre une croissance de 4% sont faibles.

"Les marchés sont allés trop vite", note Ethan Harris, économiste en chef chez Bank of America Merrill Lynch. "Ils n'ont pas entièrement intégré l'importance de la période d'incertitude que nous sommes en passe de traverser ni le risque que certaines mesures soient très négatives pour la croissance."

Seuls deux des économistes interrogés s'attendent à une croissance supérieure à 4%, et pas avant le deuxième semestre.

Deux Grands Risques: Dollar Et Protectionnisme

Les économistes prévoient en moyenne une croissance annualisée de 2,1% à 2,5% pour chaque trimestre de 2017, une fourchette inchangée par rapport à celle de l'enquête de janvier et proche des autres enquêtes menées depuis l'élection du 8 novembre. Depuis lors, l'indice S&P 500 a gagné environ 10%.

Les meilleurs prévisionnistes des enquêtes de Reuters de l'an dernier prédisent aujourd'hui une croissance au mieux de 3% cette année. L'économie a crû au rythme annualisé de 3,5% au cours du trimestre qui a précédé la victoire de Trump.

La vigueur du dollar, qui s'est apprécié de plus de 3% depuis le 8 novembre, constitue l'un des deux principaux risques économiques, avec le protectionnisme, cette année.

Néanmoins, près des trois quarts d'un échantillon d'économistes plus restreint ayant répondu à une question supplémentaire jugent que la relance par le budget promise par Trump soutiendra l'économie et compensera probablement le coup de frein des mesures protectionnistes.

Mais les projets de dépenses publiques n'améliorent en rien les perspectives de l'inflation et des salaires. L'indice des prix "PCE core", principale mesure d'inflation de la Réserve fédérale qui exclut certains éléments volatils, est attendu en hausse de 1,7% à 1,9% chaque trimestre, un niveau inférieur à l'objectif de 2% de la Fed.

Des responsables de la banque centrale ont souligné que dans une économie arrivée à la fin du cycle de reprise, une politique budgétaire expansionniste pourrait conduire à une remontée des taux d'intérêt plus rapide qu'anticipé.

La dernière enquête, qui englobe 20 "primary dealers" (des banques traitant directement avec la Fed), montre que la Fed devrait laisser le taux des Fed funds inchangé entre 0,50% et 0,75% à l'issue de sa réunion des 14 et 15 mars. Seuls 12 des 105 économistes interrogés prévoient une hausse des taux à cette occasion.

Les économistes interrogés tablent en majorité, comme en janvier, sur une hausse d'un quart de point du taux d'intervention au deuxième trimestre, puis une deuxième de même ampleur au quatrième trimestre, qui porterait la fourchette à 1,00%-1,25%.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, a redit mardi que la banque devrait sans doute relever les taux d'intérêt lors d'une de ses réunions de politique monétaire à venir, tout en soulignant l'importance des incertitudes qui entourent la future politique économique du nouveau gouvernement américain.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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