February 14, 2017 / 12:55 PM / 5 months ago

De nouveaux nuages sur les perspectives économiques en zone euro

5 MINUTES DE LECTURE

L'optimisme sur la vigueur de la reprise économique dans la zone euro a été douché mardi par une série de chiffres inférieurs aux attentes, qui pourraient s'expliquer par les incertitudes pesant sur le commerce international sur fond de regain de velléités protectionnistes. /Photo d'archives/Nacho Doce

BRUXELLES (Reuters) - L'optimisme sur la vigueur de la reprise économique dans la zone euro a été douché mardi par une série de chiffres inférieurs aux attentes, qui pourraient s'expliquer par les incertitudes pesant sur le commerce international sur fond de regain de velléités protectionnistes.

La croissance économique de la région a été de 0,4% seulement au quatrième trimestre, montrent les statistiques publiées par Eurostat, un chiffre légèrement inférieur à l'estimation initiale.

Le produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la monnaie unique avait initialement été donné en hausse de 0,5% sur la période octobre-décembre par rapport aux trois mois précédents.

Sa révision à la baisse s'explique principalement par une chute de 1,6% de la production industrielle en décembre, le recul le plus marqué enregistré depuis septembre 2012, due pour l'essentiel au ralentissement du secteur des biens d'équipement, très dépendant de l'investissement des entreprises.

Eurostat a également revu en légère baisse le chiffre de la croissance en rythme annuel, à 1,7% contre 1,8%.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,5% d'un trimestre sur l'autre et de 1,8% sur un an, comme estimé par Eurostat le 31 janvier.

Les chiffres publiés parallèlement mardi par plusieurs pays membres dessinent quant à eux des évolutions divergentes. L'économie allemande, la première d'Europe, a ainsi rebondi au quatrième trimestre avec une croissance de 0,4% - contre 0,5% attendu - après 0,1% seulement sur juillet-septembre. Elle affiche sur l'ensemble de l'année 2016 une croissance de 1,9%.

Le ministère allemand de l'Economie, dans son rapport mensuel, évoque un début d'année 2017 "solide" grâce à la bonne tenue des commandes à l'industrie et de l'activité dans la construction, même s'il souligne une nouvelle fois les incertitudes pesant sur le commerce extérieur.

Autre bon élève, le Portugal, l'un des pays les plus touchés par la crise de la dette au début de la décennie, affiche une croissance de 0,6% sur les trois derniers mois de l'année et de 1,4% sur l'ensemble de 2016, supérieure à la prévision du gouvernement, qui tablait sur 1,2%.

L'Italie, elle, se classe en milieu de tableau avec une croissance modérée de 0,2% sur octobre-décembre et 1% sur 2016, conforme aux attentes.

La grèce déçoit

En revanche, la Grèce confirme le regain d'inquiétude qu'elle suscite chez certains de ses créanciers puisque son économie a rechuté fin 2016, se contractant de 0,4% après deux trimestres de hausse alors que le consensus donnait une croissance de 0,4%.

En rythme annuel, le PIB grec n'a augmenté que de 0,3% au quatrième trimestre, alors qu'il avait crû de 2,2% sur juillet-septembre grâce au soutien de l'activité touristique.

L'Union européenne et le FMI prévoient pour l'instant une croissance de 2,7% en Grèce cette année et la banque centrale grecque table sur un chiffre de 2,5%. Mais ces prévisions pourraient être remises en cause par le regain de tension entre Athènes et ses créanciers internationaux.

Plusieurs économistes se sont dits déçus par le chiffre publié pour la zone euro, en soulignant le risque d'une baisse de la contribution des exportations à la croissance.

Les données disponibles "suggèrent qu'une contribution positive de la demande intérieure pourrait avoir été annulée par la faiblesse de la balance commerciale", dit ainsi Jessica Hinds, de Capital Economics.

Pour Howard Archer, chez IHS Markit, "il semble que la croissance ait été principalement tirée par la demande intérieure; c'est sûrement le cas pour l'Allemagne, la France et l'Italie".

Dans ses dernières prévisions économiques en date, publiées lundi, la Commission européenne explique que les risques pesant sur les perspectives de croissance incluent le Brexit et les "perturbations potentielles des échanges commerciaux", référence à peine voilée au discours protectionniste du président américain, Donald Trump.

Les derniers chiffres pourraient fournir des arguments à la Banque centrale européenne (BCE) pour prolonger une politique monétaire très accommodante en dépit de la remontée récente de l'inflation, à 1,8% sur un an en janvier.

Pour l'ensemble de l'Union européenne, Eurostat a fait état d'une croissance de 0,5% au quatrième trimestre par rapport au troisième, et de 1,8% en rythme annuel.

De nouvelles estimations seront présentées le 7 mars.

avec les bureaux de Berlin, Lisbonne, Rome et Athènes; Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français

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