13 février 2017 / 15:51 / il y a 6 mois

Un rapport de la Cour des comptes sévère pour le port de Marseille

La Cour des comptes épingle la gestion du Grand port maritime de Marseille, le premier port français, qui a enregistré un recul de 17% de son chiffre d'affaires entre 2009 et 2014. /Photo d'archives/Jean-Paul Pelissier

MARSEILLE (Reuters) - La Cour des comptes épingle la gestion du Grand port maritime de Marseille (GPMM), le premier port français, qui a enregistré un recul de 17% de son chiffre d'affaires entre 2009 et 2014.

La mise en place de la réforme portuaire issue de la loi du 4 juillet 2008, qui a donné naissance aux sept Grands Ports maritimes (GPM) dont Marseille-Fos, est en partie responsable de ce recul, mais la Cour relève d'autres facteurs aggravants.

Elle cite dans un rapport publié lundi les dépenses de personnel et certains dysfonctionnements de gouvernance au sein du GPMM, notamment de la part de l'Etat qui est le premier co-financeur de l'établissement public.

La "baisse drastique" du chiffre d'affaires conjuguée à l’érosion de la rente pétrolière n'a, selon la Cour, pas été compensée en raison notamment de la stagnation des trafics.

La réforme portuaire aurait dû se traduire pour le GPMM par une contraction des charges grâce au transfert des outillages (équipements pour la manutention) et des personnels, dont le coût a pesé lourdement sur les comptes du port jusqu’en 2014.

Mais la Cour pointe une augmentation des dépenses de personnels jusqu'en 2015, une capacité d'autofinancement dégradée et des dettes financières qui représentent près de 190 millions d'euros en fin de période.

"Les résultats de l’exercice 2015 traduisent une amélioration sensible de la situation financière du port, reste à voir si elle se confirmera dans les années à venir", dit-elle.

"Une rationalisation des investissements doit être recherchée, dans le double objectif d’améliorer l’attractivité du port et de préserver l’état des infrastructures, dont certaines sont vieillissantes", peut-on encore lire.

CARENCE DE L'ÉTAT

Malgré une érosion de ses trafics, le GPMM demeure le premier port français. Sa fiabilité s’est améliorée avec un nombre de jours de grèves en baisse de 73 % entre 2009 et 2014.

"La gestion des ressources humaines ne doit pas se limiter à la prévention des conflits sociaux avec le syndicat majoritaire (la CGT-NDLR)", prévient la Cour des comptes.

Elle fait une dizaine de recommandations, dont la maîtrise de l'évolution de la masse salariale, ou encore une stratégie commune avec les autres ports de Méditerranée.

La Cour des comptes stigmatise aussi une "absence regrettable de pilotage" de l'Etat, relevant que l’administration centrale n’a toujours pas signé de contrat pluriannuel, pourtant prévu par la loi, avec le GPMM.

L'Etat n'est pas davantage intervenu dans les négociations salariales, nationales et locales, qui pèsent sur la situation financière de l’établissement public.

"La situation est donc paradoxale. La masse salariale fait l’objet d’un cadrage par l’État alors que ce dernier est complètement absent des négociations conduisant à des dérives aussi bien au plan national que local. Le système antérieur à la réforme portuaire s’est donc aggravé", affirme le rapport.

La ministre de la Mer Ségolène Royal a estimé dans sa réponse que le projet stratégique du port ne pouvait se résumer à une "trajectoire financière" et assumé sa politique.

Dans sa réponse, la présidente du directoire du port de Marseille,  Christine Cabau Woehrel, annonce pour 2016 une "amélioration de l'EBE de 75% depuis 2014 et un ratio de rentabilité qui s'améliore de 15 points en deux ans".

Elle souligne également la progression des trafics de conteneurs de plus de 17% entre 2013 et 2016.

"Les points de fragilité (financière, sociale et économique) sont identifiés et font l'objet de vigilance particulière et constante", assure-t-elle, arguant de perspectives optimistes pour l'avenir de l'établissement public.

De 2009 à 2014, le trafic global du GPMM est passé de 83,2 millions de tonnes à 78,4 millions.

Fin 2014, le GPMM demeurait le premier port français en parts de marché, soit 30 % des 258,5 millions de tonnes ayant transité par les ports français, et le sixième port européen, derrière Rotterdam, Anvers, Hambourg, Amsterdam et Algesiras.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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