Publicis déprécie son pôle numérique et bascule dans le rouge

jeudi 9 février 2017 19h10
 

par Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain

PARIS (Reuters) - Publicis a clôturé laborieusement 2016, plombé par un net recul de ses ventes aux Etats-Unis et par l'inscription d'une charge de dépréciation de 1,44 milliard d'euros sur ses actifs dans le numérique, illustrant les défis qui attendent son prochain dirigeant Arthur Sadoun.

Le numéro trois mondial de la publicité, dont le président du directoire Maurice Lévy passera la main en juin, signe à nouveau une année décevante en termes de croissance (+0,7%) après avoir été à la traîne de ses principaux concurrents depuis 2014 et son mariage avorté avec l'américain Omnicom.

Publicis bascule en outre dans le rouge en 2016 en accusant une perte nette part du groupe de 527 millions d'euros sous le coup d'une dépréciation comptable portant principalement sur ses actifs numériques regroupés dans Publicis.Sapient.

Outre les difficultés de son agence vedette Razorfish, déstabilisée par plusieurs changements de direction en peu de temps, Publicis fait également le constat de la croissance moins forte qu'espéré de Sapient, société américaine spécialisée dans le conseil rachetée pour 3,7 milliards de dollars en 2015.

Cette opération, intervenue quelques mois après l'échec du rapprochement avec Omnicom, a été présentée à l'époque comme stratégique pour élargir l'offre de Publicis tout en lui permettant de se distinguer de ses rivaux.

La prime élevée - 44% - payée par Publicis a toutefois fait sourciller les analystes, inquiets que la croissance à deux chiffres alors affichée par la pépite ait déjà atteint un plafond. En 2016, elle a dégagé une hausse de 7%.

La dépréciation, la plus importante jamais enregistrée par Publicis selon les analystes de Morgan Stanley, jette un voile sur la stratégie numérique poursuivie par Publicis.

"Nous saurons si le prix payé pour Sapient était le bon d'ici 2-3 ans", a plaidé Maurice Lévy lors d'une conférence avec des analystes, en pronostiquant un retour à une croissance proche de 10% pour Sapient aux environs de 2020.   Suite...

 
Publicis a clôturé laborieusement l'exercice 2016, plombé par un net recul de ses ventes aux Etats-Unis et par l'inscription d'une charge de dépréciation de 1,44 milliard d'euros sur ses actifs dans le numérique, traduisant les défis qui attendent son prochain dirigeant Arthur Sadoun. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen