Rome va protéger ses entreprises contre les convoitises étrangères

mercredi 8 février 2017 18h44
 

par Giselda Vagnoni et Giuseppe Fonte

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien s'inquiète de la vulnérabilité des entreprises transalpines face aux convoitises de groupes étrangers, en particulier pour celles qu'il considère comme stratégiques, et s'emploie à les doter de moyens de défense.

Rome prépare de nouvelles règles de transparence qui contraindront les investisseurs prenant des participations minoritaires significatives dans le capital d'entreprises italiennes à déclarer leurs intentions, une initiative qui vise à protéger ces dernières contre des prises de contrôle hostiles.

Peu d'éléments sont disponibles sur le détail des dispositions du texte en préparation mais Massimo Mucchetti, un sénateur de Parti démocratique au pouvoir, a dit à Reuters qu'elles pourraient notamment fixer à 5% du capital le seuil à partir duquel un acquéreur devrait déclarer ses intentions vis-à-vis de l'entreprise dans laquelle il a pris une participation.

Cette initiative gouvernementale intervient à la suite de la prise de participation de près de 29%, perçue comme hostile, de Vivendi, contrôlé par le français Vincent Bolloré, dans Mediaset, le groupe de média de l'ex-président du conseil italien Silvio Berlusconi. Vivendi est aussi le premier actionnaire de Telecom Italia.

Une série d'acquisitions ciblant des fleurons de capitalisme italien ont été réalisées au cours des dernières années, souvent à l'initiative de groupes français.

Le chinois ChemChina a ainsi pris le contrôle du fabricant de pneumatiques Pirelli pour 7,1 milliards d'euros en 2015 tandis que la société de gestion française Amundi a acquis pour 3,5 milliards d'euros à la fin de l'année dernière son homologue italienne Pioneer, qui gère quelque 146 milliards d'euros de fonds pour le compte des épargnants italiens et détient environ 30 milliards d'euros de dette publique italienne.

Luxottica et Essilor ont conclu le mois dernier un accord en vue d'une fusion à 46 milliards d'euros pour constituer un géant mondial de l'optique ophtalmologique, coté à Paris.

Certains élus du Parti démocratique poussent le gouvernement à aller plus loin et s'il est peu probable qu'ils aient gain de cause, le texte en préparation et le débat public en Italie illustrent la montée d'un sentiment protectionniste après des années de relative ouverture aux investissements étrangers, notamment sous l'impulsion de l'ex-président du conseil Matteo Renzi.   Suite...

 
Le gouvernement italien s'inquiète de la vulnérabilité des entreprises transalpines face aux convoitises de groupes étrangers, en particulier pour celles qu'il considère comme stratégiques, et s'emploie à les doter de moyens de défense. /Photo d'archives/REUTES/Stefano Rellandini