Perte record de 3,5 milliards d'euros pour Banco Popular en 2016

vendredi 3 février 2017 11h38
 

MADRID (Reuters) - Banco Popular, la sixième banque espagnole, a publié vendredi une perte nette annuelle sans précédent de 3,5 milliards d'euros après des charges exceptionnelles supérieures aux attentes destinées à nettoyer son bilan de ses actifs immobiliers à risque.

Le groupe, considéré comme le maillon faible du secteur bancaire espagnol en raison de son exposition au marché immobilier, a décidé de remplacer son président, Angel Ron, par Emilio Saracho, après un mouvement de colère d'actionnaires en novembre contre la lenteur de l'assainissement du bilan.

Les résultats annuels publiés vendredi intègrent des charges exceptionnelles de 5,7 milliards d'euros, principalement pour des dépréciations de prêts immobiliers, soit un milliard d'euros de plus qu'évoqué auparavant par la direction.

Les analystes financiers attendaient en moyenne une perte nette annuelle de 2,4 milliards d'euros.

En 2012, au plus fort de la crise financière qui a conduit l'Etat espagnol à renflouer plusieurs banques, Popular avait enregistré une perte de 2,5 milliards d'euros.

Si le secteur a été en grande partie assaini depuis, Popular reste plombée par environ 30 milliards d'euros d'actifs "toxiques".

Vendredi, la banque a expliqué vouloir accélérer la vente d'actifs immobiliers cette année, sans toutefois préciser l'état d'avancement de son projet de création d'une filiale immobilière séparée, pourtant considéré comme une étape clé de son redressement.

Le groupe affiche à fin 2016 le taux de créances douteuses le plus élevé des grandes banques espagnoles, à 14,61% contre 9,23% en moyenne pour le secteur à fin novembre.

(Jesus Aguado; Marc Angrand pour le service français)

 
Banco Popular, la sixième banque espagnole, a publié vendredi une perte nette annuelle sans précédent de 3,5 milliards d'euros après des charges exceptionnelles supérieures aux attentes destinées à nettoyer son bilan de ses actifs immobiliers à risque. /Photo d'archives/REUTERS/Juan Medina