31 janvier 2017 / 06:59 / il y a 9 mois

La croissance a marqué le pas en 2016 malgré un rebond au quatrième trimestre

PARIS (Reuters) - La croissance de l‘économie française a accéléré au quatrième trimestre, insuffisamment pour que 2016 s‘achève sur une meilleure note que 2015 mais avec des éléments positifs en termes de consommation et d‘investissement qui augurent d‘un début d‘année 2017 solide.

La croissance de l'économie française a accéléré au quatrième trimestre, à 0,4%, un niveau conforme aux attentes mais insuffisant pour que 2016 s'achève sur une meilleure note que 2015. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L‘Insee a fait état mardi d‘une hausse de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) du dernier trimestre 2016, en ligne avec les attentes des économistes.

L‘institut a confirmé dans le même temps le niveau de croissance du troisième trimestre, +0,2%, ce qui fait que, sur l‘ensemble de l‘an passé, le PIB de la France a progressé en moyenne de 1,1%, après +1,2% en 2015.

Il ressort ainsi nettement en dessous de la moyenne de la zone euro, annoncée à 1,7% en première estimation. Il est aussi en deçà de l‘objectif, pourtant revu à la baisse de 1,5% à 1,4% en cours d‘année, retenu par le gouvernement et limite à 0,75% par an la croissance moyenne annuelle sur l‘ensemble du quinquennat.

Dans une déclaration, le ministre de l‘Economie et des Finances Michel Sapin s‘est félicité néanmoins que “2016 se termine sur une note positive, avec une activité qui accélère nettement au 4ème trimestre.”

“Pour la deuxième année consécutive, l’activité économique aura été dynamique et aura permis de faire reculer le chômage, tout en réduisant le déficit public”, dont le niveau sera connu en mars, a ajouté le ministre.

“Avec 1,1% de croissance, nous avons créé beaucoup d‘emplois”, a-t-il souligné par la suite sur France Inter en faisant référence à l‘emploi salarié dans les secteurs marchands qui a augmenté de 178.700 sur les douze mois à fin septembre 2016.

La croissance du quatrième trimestre a été portée par la demande intérieure, qui y a contribué pour 0,6 point.

La consommation des ménages, atone les deux trimestres précédents, est franchement repartie (+0,6%).

COMMERCE EXTÉRIEUR EN BERNE

L‘investissement des entreprises a lui aussi rebondi en fin d‘année (+1,3%) et affiche une croissance de 4,3% sur l‘ensemble de 2016. Celui des ménages a dans le même temps accéléré (+0,9%), une hausse qui reflète le rebond du marché immobilier.

La contribution de la variation des stocks des entreprises à la croissance du trimestre a été négative de 0,2 point et celle du commerce extérieur positive de 0,1 point du fait d‘une hausse des importations moins soutenue (+0,8%) que celle des exportations (+1,1%).

Mais sur l‘ensemble de l‘année 2016, le commerce extérieur, dont le déficit est reparti nettement en hausse, perturbé notamment par des retards de livraisons d‘Airbus, aura coûté 0,9 point de croissance à l‘économie française, soit sa plus mauvaise performance depuis 1987, précise l‘Insee.

Une étude de l‘institut COE-Rexecode publiée cette semaine montre que la France a encore perdu des parts de marché à l‘exportation l‘an passé malgré l‘amélioration de la compétitivité-coût de ses entreprises.

S‘agissant du quatrième trimestre, “l’investissement des entreprises a été fort et c’est un très bon signal. Les ménages sont plus dynamiques aussi avec une accélération de la consommation et de l’investissement logement”, relève Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management.

“Le repli des stocks est positif car les enquêtes auprès des chefs d’entreprise sont très positives. Il faudra satisfaire à la demande et reconstituer les stocks. C’est une bonne nouvelle pour le début 2017”, a-t-il ajouté dans une note.

Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, souligne aussi la composition “robuste” de la croissance de fin d‘année qui, conjuguée aux dernières enquêtes positives de l‘Insee sur le climat des affaires et le moral des ménages, augurent bien pour le début de 2017.

“Ce sont des éléments de soutien à l‘activité solides et qui pourraient le rester”, a-t-elle dit à Reuters.

Le gouvernement a bâti son budget 2017 sur une hypothèse de croissance de 1,5% qui s‘inscrit elle aussi pour l‘instant nettement au-dessus des attentes des économistes (1,1% dans l‘enquête Reuters publiée ce mois-ci).

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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