La fusion Safran-Zodiac repose sur une spécificité fiscale

mercredi 25 janvier 2017 10h04
 

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Safran a conçu une offre sur mesure pour convaincre les actionnaires familiaux de Zodiac Aerospace de renoncer au contrôle de leur société dans le cadre d'une fusion qui donnerait naissance au troisième équipementier aéronautique mondial.

Mais le motoriste doit convaincre les actionnaires ordinaires, qui détiennent 68% du capital du groupe, de vendre leurs actions lors d'une OPA, dans le cadre d'une opération en deux phases d'une rare complexité.

Si plus de la moitié de ces investisseurs accepte - selon le code de l'Autorité des marchés financiers (AMF) - la deuxième phase pourra avoir lieu, permettant à quelques familles, actionnaires historiques de Zodiac, de continuer à avoir leur mot à dire tout en conservant des avantages fiscaux acquis de longue date.

Les familles sont à la tête d'un groupe d'actionnaires détenant ensemble 32% des droits de vote de Zodiac et qui avaient rejeté la première tentative de Safran il y a six ans.

La structure duale de l'opération illustre la voie étroite qui s'ouvre pour Safran : rendre l'opération attractive aux yeux des marchés tout en conservant le soutien des actionnaires historiques.

Safran, dont l'Etat détient encore 14% après s'être partiellement désengagé, cherche ainsi à respecter une tradition fiscale héritée de la volonté des gouvernements français successifs de faciliter l'émergence de champions nationaux.

UNE STRUCTURE COMPLEXE MAIS INDISPENSABLE   Suite...

 
Safran a conçu une offre sur mesure pour convaincre les actionnaires familiaux de Zodiac Aerospace de renoncer au contrôle de leur société dans le cadre d'une fusion qui donnerait naissance au troisième équipementier aéronautique mondial. /Photo prise le 10 novembre 2016/REUTERS/Benoît Tessier