Western Union, accusé de blanchiment, payera 586 millions

jeudi 19 janvier 2017 21h01
 

WASHINGTON (Reuters) - Western Union a admis avoir fermé les yeux sur des utilisations frauduleuses de son service de transfert d'argent et va payer 586 millions de dollars (551 millions d'euros) pour mettre fin aux enquêtes le visant, ont annoncé jeudi le département américain de la Justice (DoJ) et la Commission fédérale du Commerce (FTC, Federal Trade Commission).

"Western Union a placé ses profits avant l'intérêt de ses clients et en paie maintenant le prix", a déclaré David Bitkower, procureur général adjoint au DoJ.

Western Union a admis avoir laissé des fraudeurs utiliser ses services même après avoir compris que ses agents maquillaient des transactions pour éviter d'être repérés.

Ainsi, avec l'aide d'agents de Western Union, des ressortissants chinois coupables de trafic d'êtres humains ont pu envoyer des centaines de millions de dollars en petites coupures pour ne pas dépasser les seuils à partir desquels un signalement est nécessaire.

Des fraudeurs proposant de fausses marchandises ou offres d'emplois ont de même escroqué des dizaines de milliers de consommateurs américains en passant par Western Union et en graissant la patte de ses agents, selon les autorités.

Western Union est accusé d'avoir eu connaissance de ces transactions frauduleuses entre 2004 et 2012 mais de ne pas avoir sévi contre les quelque 2.000 agents mis en cause.

Un porte-parole de l'entreprise a reconnu qu'elle n'avait pas "fait autant qu'elle aurait dû" pour contrôler ses agents sur cette période, révolue selon lui.

L'amende servira à rembourser les clients qui ont été victimes d'arnaques.

(Joel Schectman et Diane Bartz, Véronique Tison pour le service français)

 
Western Union a admis avoir fermé les yeux sur des utilisations frauduleuses de son service de transfert d'argent et va payer 586 millions de dollars (551 millions d'euros) pour mettre fin aux enquêtes le visant, ont annoncé jeudi le département américain de la Justice (DoJ) et la Commission fédérale du Commerce (FTC, Federal Trade Commission). /photo d'archives/REUTERS/Eric Thayer