17 janvier 2017 / 13:04 / dans 9 mois

Brexit: Attention à la concurrence de New York, avertit SocGen

A Lower Manhattan. La place financière de New York pourrait profiter au détriment du continent européen de la perte d'activité que devrait enregistrer Londres lorsque le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne, a averti mardi le président de Société générale. /Photo d'archives/REUTERS/Carlo Allegri

PARIS (Reuters) - La place financière de New York pourrait profiter au détriment du continent européen de la perte d‘activité que devrait enregistrer Londres lorsque le Royaume-Uni sortira de l‘Union européenne, a averti mardi le président de Société générale.

“Attention, on est en train de se dire en Europe : qui va gagner ? Paris ? Francfort ? Mais on ne se rend pas compte que peut-être l‘un des compétiteurs (...) c‘est New York”, a déclaré Lorenzo Bini Smaghi lors d‘une conférence sur les marchés boursiers organisée à Paris par Euronext.

De nombreuses places européennes comme Francfort, Milan, Amsterdam, Dublin et Paris se sont mis en ordre de bataille pour attirer les sociétés financières qui ne pourront plus opérer dans l‘Union européenne à partir de la City après la perte probable de leur “passeport européen”.

Mais pour le dirigeant italien de la banque de la Défense, les responsables politiques du continent n‘intègrent pas assez dans leur analyse le fait que leurs places financières ont un problème de compétitivité.

“J‘entends certains banquiers américains qui me disent : moi, j‘ai déjà à New York des jeunes gens qui se lèvent à 3h du matin pour suivre le marché européen et cela coûte moins cher que d‘avoir quelqu‘un à Paris ou à Francfort, alors pourquoi je devrais déplacer des gens sur le continent plutôt que de les ramener à New York ?”

Malgré une série de mesures prises par les pouvoirs publics français pour rendre la place de Paris plus attractive, certains banquiers, comme par exemple le président de JPMorgan France, estiment que la rigidité du droit du travail français dissuadent de grandes institutions financières de s‘y installer.

“UNE VISION DE BUSINESSMAN”

Pour Lorenzo Bini Smaghi, la question de l‘attractivité de la fiscalité et du droit du travail sont “fondamentaux” dans cette compétition avec la capitale financière américaine.

D‘autant que pour le président de SocGen, la nouvelle administration américaine dirigée par Donald Trump a une toute autre vision des relations internationales que celle du président sortant Barack Obama.

“On voit qu‘il a clairement une vision de businessman des relations internationales”, a-t-il estimé, jugeant que le magnat de l‘immobilier avait une préférence “pour la compétition plutôt que la coopération”.

C‘est dans cet esprit, selon Lorenzo Bini Smaghi, que Donald Trump a prédit dans un entretien accordé aux journaux allemand Bild et britannique The Times, que d‘autres pays européens suivraient l‘exemple du Brexit.

“Il est en faveur de ceux qui veulent sortir parce qu‘il pense que s‘il a en face de lui des concurrents plus petits, ce sera plus facile pour les Etats-Unis”, a assuré le président du conseil d‘administration de SocGen.

Julien Ponthus et Maya Nikolaeva, édité par Dominique Rodriguez

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