22 décembre 2016 / 16:35 / dans 9 mois

La BCE attendra les législatives allemandes

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. Après avoir décidé au début du mois de prolonger ses rachats d'actifs, la BCE ne fera plus rien jusqu'en septembre, mois où se dérouleront les élections législatives en Allemagne, le pays le plus critique vis-à-vis de sa politique monétaire ultra-accommodante. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

FRANCFORT (Reuters) - Après avoir décidé au début du mois de prolonger ses rachats d‘actifs, la Banque centrale européenne (BCE) ne fera plus rien jusqu‘en septembre, mois où se dérouleront les élections législatives en Allemagne, le pays le plus critique vis-à-vis de sa politique monétaire ultra-accommodante, ont déclaré des sources officielles à Reuters.

La BCE avait surpris les marchés financiers le 8 décembre en annonçant qu‘elle réduirait ses achats d‘obligations sur les marchés à partir d‘avril, tout en se réservant le droit de les augmenter de nouveau en cas de besoin.

Mais aucune possibilité n‘est écartée a priori; ainsi, la BCE interviendrait si la croissance ralentissait nettement ou si le risque politique, lié aux diverses élections de 2017 en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et peut-être en Italie ou à un changement de cap économique aux Etats-Unis, déstabilisait les marchés, ont dit les sources.

“Mais si tout va bien, nous ne discuterons pas sérieusement de la prochaine décision de politique monétaire avant septembre”, a observé l‘une d‘elles.

La BCE s‘est abstenue de tout commentaire.

Si la BCE devait agir, elle songerait d‘abord à remonter ses achats d‘actifs mensuels, censés être ramenés à 60 milliards d‘euros à partir d‘avril, à leur montant actuel de 80 milliards d‘euros.

Les modalités du programme pourraient elles aussi être modifiées par la BCE, conformément aux conditions débattues avant la réunion monétaire de décembre.

Elle pourrait par exemple assouplir la règle l‘obligeant à plafonner ses rachats d‘obligations en fonction de la quote part de chaque pays à son capital.

En tout dernier ressort, la BCE envisagerait même de racheter des obligations émises par les banques, qui pour l‘heure servent de garanties à ses opérations de refinancement, voire même des actions.

En ayant évoqué, ce mois-ci, la possibilité de racheter du papier au rendement inférieur à son taux de dépôt, actuellement de -0,40%, l‘institut d‘émission peut se permettre d‘étendre son programme d‘assouplissement quantitatif (QE) jusqu‘au deuxième trimestre 2018, estime Pictet.

Mais avec quels avantages pour l‘économie, cela reste à voir.

C‘est pourquoi la BCE limitera au maximum les achats de ce type de papier, qui lui fera perdre de l‘argent si elle le détient jusqu‘à échéance, lorsqu‘elle relancera la planche à billets après la trêve de Noël, ont expliqué les sources.

Elle plafonnera aussi les achats de titres pour lesquels la demande est forte, ce qui contribue à abaisser encore un peu plus des coûts d‘emprunt qui n‘ont jamais été aussi bas pour les pays les plus riches de la zone euro, sans que cela ne produise d‘effets visibles dans l‘économie réelle.

Elle espère en définitive tirer parti de la récente remontée des rendements obligataires et “si la tendance du marché obligataire persiste (...) il se peut qu‘on n‘ait pas besoin” d‘aller aussi bas, selon l‘une des sources.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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