Le luxe contraint d'étoffer son offre aux classes moyennes

mardi 20 décembre 2016 15h25
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Face au ralentissement du marché mondial du luxe, les grands noms du secteur infléchissent leur stratégie pour répondre aux aspirations des classes moyennes émergentes, notamment chinoises, et aux besoins d'une clientèle européenne rebutée par des prix jugés prohibitifs.

Entre 2014 et le début 2016, Louis Vuitton, Gucci ou Prada ont considérablement étoffé leurs gammes de sacs vendus entre 2.000 et 3.500 euros, soucieux de préserver leur image de luxe et d'exclusivité et laissant le créneau du luxe dit "accessible" aux américains Michael Kors, Kate Spade ou Coach.

Mais aujourd'hui, la tendance s'est inversée, constate Mario Ortelli, analyste de Bernstein. "Il y a une nette accélération de la diversification de l'offre de maroquinerie à des prix plus accessibles."

Le gisement que représente la clientèle chinoise, qui compte pour plus de la moitié du marché mondial du luxe, s'est déplacé vers la classe moyenne - dotée d'un moindre pouvoir d'achat - à laquelle les marques doivent s'adapter.

Développer une offre accessible est "absolument nécessaire", aux dires de Qiong er Jiang, PDG de Shang Xia, la marque chinoise d'Hermès.

"Il y a en Chine 1,5 million de clients dont les revenus dépassent 500.000 dollars et tout le monde se bat pour les avoir. Mais au-dessous, il y a la nouvelle classe moyenne qui représente 246 millions de personnes", a-t-elle souligné lors de la conférence "Luxury Forward" organisée en décembre à Paris.

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Face au ralentissement du marché mondial du luxe, les grands noms du secteur infléchissent leur stratégie pour répondre aux aspirations des classes moyennes émergentes, notamment chinoises, et aux besoins d'une clientèle européenne rebutée par des prix jugés prohibitifs. /Photo d'archives/REUTERS/Nir Elias