En zone euro, la relance budgétaire s'annonce au mieux modeste

mardi 13 décembre 2016 15h35
 

par John Geddie

LONDRES (Reuters) - Les appels lancés aux gouvernements de la zone euro en faveur d'une augmentation de la dépense publique pour soutenir la croissance ne semblent pas avoir été entendus pour l'instant, au vu des estimations d'émissions de dettes publiques pour 2017.

Commerzbank, Morgan Stanley et ING prévoient ainsi que les émissions d'obligations des 19 Etats de la région augmenteront de 20 à 40 milliards d'euros, un montant faible qui ne répond en rien aux incitations de la Commission européenne à relâcher la pression budgétaire et à mettre un bémol à l'austérité.

Principale explication à cette quasi-absence de réaction: la montagne de dettes accumulée pendant et après la crise financière continue de limiter les marges de manoeuvre de la plupart des Etats et le seul qui pourrait se permettre sans difficulté d'augmenter ses dépenses, l'Allemagne, continue de donner la priorité à l'équilibre de ses comptes publics.

"C'est l'éternel problème de la zone euro", résume Benjamin Schroeder, stratège d'ING. "Là où on a besoin de dépenses, le niveau d'endettement est vraiment élevé, et là où on n'a pas besoin de dépenses, les coffres sont pleins."

Parmi les pays très endettés qui ont détaillé leurs intentions en matière d'émissions pour 2016, la Belgique a revu à la baisse son estimation initiale et prévoit désormais d'emprunter moins qu'en 2016.

Pour l'ensemble de la zone euro, ING table sur une augmentation de 20 milliards d'euros des émissions totales, à 885 milliards environ; Morgan Stanley prévoit une hausse de 27 milliards à 876 milliards et Commerzbank une hausse de 40 milliards à 900 milliards.

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Les appels lancés aux gouvernements de la zone euro en faveur d'une augmentation de la dépense publique pour soutenir la croissance ne semblent pas avoir été entendus pour l'instant, au vu des estimations d'émissions de dettes publiques pour 2017. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge