Pour le FMI, la Grèce n'a pas besoin de plus d'austérité

lundi 12 décembre 2016 22h26
 

BRUXELLES (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) s'est déclaré lundi opposé à tout durcissement de la politique d'austérité imposée à la Grèce et il a appelé à la mise en place d'un nouveau modèle de protection sociale financé par le rééquilibrage de la fiscalité et du système de retraites, qu'il juge trop généreux.

Dans un article, le chef du département Europe du FMI, Poul Thomsen, et son chef économiste, Maury Obstfeld, écrivent que pour le Fonds, l'insistance de la zone euro à obtenir de la Grèce un excédent budgétaire primaire (c'est à dire hors service de la dette) de 3,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2018 est une erreur, un solde de 1,5% étant selon eux suffisant.

"Nous avons averti que cela se traduirait par un niveau d'austérité qui empêcherait la reprise naissante de prendre racine", ajoutent-ils à propos de l'objectif de 3,5%.

La publication de ce texte intervient alors que le FMI et la zone euro peinent toujours à s'entendre sur la voie que doit emprunter la Grèce pour assurer son redressement.

Certains pays de la zone euro, comme l'Allemagne, estiment qu'Athènes doit non seulement atteindre les 3,5% d'excédent budgétaire primaire en 2018 mais aussi maintenir ce niveau pendant dix ans. Pour le FMI, une telle démarche serait contre-productive.

"Peut-être la Grèce, par un effort herculéen, pourrait-elle parvenir aux réductions de dépenses nécessaires pour atteindre les 3,5% (...) à court terme. Mais l'expérience a montré que cela ne pouvait pas être durable et que c'était incompatible avec l'objectif de croissance à long terme ambitieux de la Grèce", dit l'article.

L'Allemagne insiste sur l'objectif d'excédent primaire car celui-ci, s'il était atteint durablement, permettrait d'éviter un allègement du fardeau de la dette grecque, un sujet délicat vu de Berlin à neuf mois des élections législatives.

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Le Fonds monétaire international (FMI) s'est déclaré lundi opposé à tout durcissement de la politique d'austérité imposée à la Grèce et il a appelé à la mise en place d'un nouveau modèle de protection sociale financé par le rééquilibrage de la fiscalité et du système de retraites, qu'il juge trop généreux. /Photo d'archives/REUTERS/Alkis Konstantinidis