Les hedge funds se positionnent sur la dette souveraine dans la zone euro

lundi 21 novembre 2016 17h35
 

par Abhinav Ramnarayan et Helen Reid

LONDRES (Reuters) - Les émetteurs souverains de la zone euro sont de plus en plus dépendants des fonds spéculatifs pour couvrir leurs besoins de financement, au risque d'être exposés à des effets déstabilisateurs en cas de brusque sortie de ces investisseurs très volatils.

Le choix des banques de réduire leur exposition aux marchés de la dette souveraine en raison des contraintes pesant sur leur bilan a poussé certains Etats à se tourner vers les "hedge funds" pour placer leurs émissions, montrent des données corroborées par des déclarations de banquiers et de représentants gouvernementaux.

Les hedge funds ont été particulièrement actifs sur le segment des obligations longues voire très longues, qui se caractérise par le couple rendement-risque élevé qu'ils recherchent en général.

L'Espagne, l'Italie, la Belgique et la France ont cherché à profiter des taux ultra-bas pour s'endetter sur très longue période avec des émissions à 50 ans pour des montants de trois à cinq milliards d'euros. Pour chacune d'elle, entre 13% et 17% des montants émis ont été alloués à des hedge funds, une proportion historiquement élevée.

Il y a trois ans seulement, l'Espagne, l'Italie et la Belgique ne plaçaient qu'entre 4% et 7% de leurs émissions syndiquées auprès de cette catégorie d'investisseurs, selon des données d'IFR, un service d'informations spécialisé sur les marchés de dettes, filiale de Thomson Reuters. Aucune donnée équivalente n'est disponible concernant la France.

"Les hedge funds ont pris de l'importance", a dit Damien Carde, responsable de la syndication pour les émetteurs publics de RBS, qui a participé aux opérations de plusieurs émetteurs souverains de la zone euro. "Si vous devez amener sur le marché une grosse opération syndiquée, c'est toujours un plus d'avoir cette communauté avec vous."

Il a toutefois prévenu que ces fonds avaient toujours la réputation d'être des investisseurs très volatils. "Ils ont une philosophie d'investissement très active, ils investiront s'ils s'attendent à dégager un rendement convenable à court terme. Mais dès que les espoirs d'une perspective de profits s'évanouissent, ils s'en vont."

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Le choix des banques de réduire leur exposition aux marchés de la dette souveraine en raison des contraintes pesant sur leur bilan a poussé certains Etats à se tourner vers les "hedge funds" pour placer leurs émissions, montrent des données corroborées par des déclarations de banquiers et de représentants gouvernementaux. /Photo prise le 13 octobre 2016/REUTERS/Leonhard Foeger