Le choix d'Achleitner divise les actionnaires de Deutsche Bank

lundi 21 novembre 2016 16h22
 

par Kathrin Jones et Andreas Kröner

FRANCFORT (Reuters) - La désignation de Paul Achleitner pour un deuxième mandat à la présidence de Deutsche Bank a divisé les actionnaires de la première banque allemande, rapportent lundi des personnes au fait du dossier.

Si les investisseurs qataris, réunis autour du cheikh Hamad ben Djassim al Thani, ont apporté leur soutien à cette nomination, d'autres se sont montrés réticents, précisent les sources.

Certains actionnaires reprochent à Paul Achleitner d'avoir trop peu changé la culture de la banque allemande et de s'être au contraire aligné sur Anshu Jain, co-président du directoire de 2012 à 2015, et sur les responsables de la banque d'investissement auxquels certains imputent les problèmes actuels de l'établissement.

Depuis quatre ans que Paul Achleitner préside le conseil de surveillance, l'action Deutsche Bank a perdu plus de la moitié de sa valeur, affectée par une série de problèmes juridiques et des amendes de plusieurs milliards d'euros.

Mais d'autres investisseurs estiment qu'un départ de Paul Achleitner créerait davantage d'incertitude.

"La banque a besoin de stabilité", a déclaré une personne proche du cheikh Hamad ben Djassim al Thani, qui contrôle des fonds détenant une participation cumulée d'environ 10% dans la banque. "C'est la raison pour laquelle il soutient Achleitner."

S'exprimant sous le sceau de l'anonymat, deux autres grands investisseurs de Deutsche Bank ont fait part de leur scepticisme sur la reconduction de Paul Achleitner. Ils ont notamment critiqué les conditions de cette nomination, qui arrive au moment où la banque fait face à une amende potentielle de 14 milliards de dollars de la justice américaine dans le cadre d'une enquête sur la vente de titres adossés à des prêts immobiliers (MBS).

  Suite...

 
Le conseil de surveillance de Deutsche Bank a confirmé à l'unanimité la nomination de Paul Achleitner à sa présidence pour un second mandat. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach