Nouveau bras de fer en vue en 2017 sur le salaire de Ghosn

vendredi 18 novembre 2016 15h47
 

par Joseph White et Gilles Guillaume

NEW YORK/PARIS (Reuters) - Carlos Ghosn, PDG de Renault, a déclaré à Reuters s'attendre à ce que l'Etat français, actionnaire du constructeur automobile, s'oppose à son niveau de salaire en 2017, laissant ainsi augurer un nouveau bras de fer lors de la prochaine assemblée générale, qui se tiendra en pleine année électorale.

La rémunération de Carlos Ghosn pour l'année précédente - 7,2 millions d'euros - a déjà fait l'objet d'un débat houleux cette année après son rejet par l'AG des actionnaires.

"Je ne pense pas qu'il y a la moindre chance que (le gouvernement) approuve" la rémunération proposée, a déclaré Carlos Ghosn.

"Notre objectif est d'avoir un vote majoritaire" des actionnaires en faveur de la proposition du groupe, a-t-il néanmoins ajouté.

Les actionnaires de Renault ont rejeté fin avril la rémunération proposée pour le PDG au titre de 2015. Le vote n'était que consultatif, mais il a provoqué un tollé politique, syndical et a conduit le Medef à demander à Renault de revoir sa politique de rémunération.

Fin juillet, le conseil d'administration du constructeur a finalement décidé de réduire de 20% la part variable de la rémunération de Carlos Ghosn qui sera soumise au vote des actionnaires l'an prochain, une concession toujours jugée insuffisante au ministère de l'Economie et des Finances.

"Il faudra qu'on en rediscute (mais) les nouvelles propositions qui ont été faites pas le conseil d'administration n'apparaissaient pas encore suffisantes", a indiqué à Reuters une source de Bercy.

Selon des sources proches du dossier, le geste de Renault aurait en revanche satisfait plusieurs grands fonds actionnaires, comme Norges Bank Investment Management et Amundi Asset Management, réduisant l'an prochain la probabilité d'une victoire du "non" lors du "say on pay".   Suite...

 
Carlos Ghosn, PDG de Renault, a déclaré à Reuters s'attendre à ce que l'Etat français, actionnaire du constructeur automobile, s'oppose à son niveau de salaire en 2017, laissant ainsi augurer un nouveau bras de fer lors de la prochaine assemblée générale. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier