La Cour des comptes pousse Bpifrance à stabiliser son activité

mercredi 16 novembre 2016 12h08
 

PARIS (Reuters) - Bpifrance va devoir stabiliser ses activités de financement des entreprises et l'Etat expliciter clairement les moyens qu'il est prêt à lui apporter sous forme de garanties et d'aides à l'innovation, estime la Cour des comptes.

Dans un rapport publié mercredi, la Cour dresse un bilan globalement positif de la mise en place et du développement de l'établissement public depuis quatre ans. Mais elle pointe aussi le caractère selon elle "fragile" de son modèle économique et financier, "qui impose un développement maîtrisé".

Si la santé de la banque est satisfaisante, elle le doit d'une part à une forte hausse des revenus de son activité de crédit et aux plus-values dégagées par son pôle investissement, qui représente 80% du bénéfice du groupe.

Or la progression du produit net bancaire du financement tend aujourd'hui à se tasser sur fond de faiblesse des marges dans un marché redevenu concurrentiel et, si le pôle investissement a généré des bénéfices ces trois dernières années, "il existe des incertitudes sur sa capacité à engendrer du résultat de manière pérenne", souligne la Cour.

Dans ce contexte, une version provisoire du rapport qui avait fuité dans la presse fin octobre alertait sur l'évolution des frais de fonctionnement de la banque publique d'investissement, notamment celle de sa masse salariale et des rémunérations des cadres dirigeants.

Dans sa version définitive, la Cour souligne que la progression des frais, si elle se poursuit, fait peser un risque "d'effet de ciseau" sur le compte de résultat du pôle financement.

Au-delà de la gestion des coûts, la Cour des comptes insiste sur les "fragilités intrinsèques" du modèle de Bpifrance, établissement né de la fusion d'entités publiques (Oséo, CDC Entreprises, Fonds stratégique d'investissement) avec pour but de pallier les défaillances du marché sur le financement des entreprises, en crédit comme en fonds propres.

Le rapport s'inquiète notamment de la forte dépendance de l'activité financement aux concours publics sous forme de fonds de garanties et d'aides à l'innovation, ce qui fait qu'une partie importante des risques de Bpifrance est à la charge de l'Etat, pour un coût annuel de l'ordre de 400 millions d'euros.

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Bpifrance va devoir stabiliser ses activités de financement des entreprises et l'Etat expliciter clairement les moyens qu'il est prêt à lui apporter sous forme de garanties et d'aides à l'innovation, estime la Cour des comptes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau