L'agence fait de la résistance grâce aux mutualistes

mardi 15 novembre 2016 12h44
 

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS (Reuters) - Le nombre d'agences bancaires continue de diminuer en France beaucoup plus lentement que dans le reste de l'Union européenne grâce aux mutualistes qui font le choix, contrairement aux grandes banques commerciales, de maintenir leurs réseaux en parallèle de la digitalisation de la relation client.

Selon les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), le nombre d'agences a baissé de 15,7% en moyenne dans l'UE entre 2011 et 2015 mais dans l'Hexagone, cette tendance relève plutôt de l'attrition : -2,25%.

La lecture des rapports annuels 2015 révèle un fossé stratégique entre les grands établissements bancaires qui se partagent le marché français.

Société générale et BNP Paribas ont vu de 2013 à 2015 leur nombre d'agences passer respectivement de 3.161 à 3.085 et de 2.139 à 2.009 unités. La première, qui a fermé 72 agences juste depuis le début de l'année, entend supprimer 20% de son réseau d'agences à horizon 2020 et la seconde a lancé un plan du même ordre en France.

A l'inverse, les chiffres sont remarquablement stables pour les grandes enseignes mutualistes, qui trustent plus de la moitié du marché français.

"J'entends souvent opposer internet et les agences bancaires physiques: je suis convaincu que les deux peuvent se marier", a déclaré en octobre lors de l'assemblée générale de la confédération nationale du Crédit mutuel, son président Nicolas Théry.

Le CM11, dont est issu ce dernier, et qui regroupe 11 fédérations du Crédit mutuel (CM11) a maintenu 2.015 agences sur la période 2013-2015.

Cette divergence stratégique ne s'explique pas par une vision fondamentalement différente de l'évolution de l'industrie bancaire: toutes les banques intègrent en effet dans leur communication la promotion d'une offre basée sur trois canaux de relation client à savoir l'agence, le téléphone et l'internet fixe et mobile.   Suite...

 
Le nombre d'agences bancaires continue de diminuer en France beaucoup plus lentement que dans le reste de l'Union européenne grâce aux mutualistes qui font le choix, contrairement aux grandes banques commerciales, de maintenir leurs réseaux en parallèle de la digitalisation de la relation client. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen