Air France accélère ses économies tout en partant à l'offensive

jeudi 3 novembre 2016 11h10
 

par Cyril Altmeyer et Victoria Bryan

PARIS (Reuters) - Air France-KLM va accélérer ses économies d'ici 2020, notamment à l'aide d'une nouvelle compagnie moins coûteuse à exploiter, tout en tentant de repartir à l'offensive sur le long-courrier et de défendre ses positions sur le moyen-courrier.

Le groupe franco-néerlandais, qui imite ainsi l'allemande Lufthansa, fait face à la fois à une concurrence exarcerbée des compagnies du Golfe et des "low cost" européennes et à la désaffection de la destination France depuis les attentats, ce qui a pesé sur ses performances du groupe sur neuf mois.

Après des années noires pour le groupe, le marché veut croire que "Trust together", le plan stratégique du nouveau PDG Jean-Marc Janaillac présenté jeudi, permettra de sortir de l'ornière.

Vers 11h00; le titre Air France-KLM (+2,25% à 5,552 euros), se plaçant dans le peloton de tête de l'indice SBF 120 (+0,27%) après avoir ouvert en forte baisse.

"Air France-KLM semble prêt à rejoindre le club des compagnies qui réduisent leurs coûts unitaires par la croissance, juste au moment où les coûts de carburants semblent augmenter", explique RBC Capital dans une note.

Il reste à voir si l'enthousiasme du marché sera durable, les analystes soulignant les défis qui attendent un groupe très endetté et craignant qu'il privilégie la croissance au détriment des économies.

"Il n’y a pas grand-chose de nouveau, à part la nouvelle compagnie créée et on a du mal à voir quel est véritablement son positionnement et son différentiel en termes de coûts", résume Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities.

Le groupe compte réduire ses coûts unitaires de plus de 1,5% par an sur la période 2017-2020, dépassant la baisse de 1,5% prévue dans le plan "Perform 2020" présenté en 2015 par le précédent PDG, Alexandre de Juniac, qui a quitté le groupe cet été.   Suite...

 
Air France-KLM a annoncé jeudi la création d'une nouvelle compagnie moyen et long courrier pour lutter contre ses concurrentes du Golfe et les transporteurs à bas coûts européens, tout en se défendant de se positionner sur un modèle low cost pour ne pas entamer ses recettes. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Laurenson