Le secteur pétrolier réduira encore ses investissements en 2016

dimanche 3 janvier 2016 15h20
 

par Karolin Schaps et Ron Bousso

LONDRES (Reuters) - Face à des cours du brut proches de leurs plus bas niveaux depuis 11 ans, les principales compagnies pétrolières et gazières mondiales risquent de connaître la plus longue période de baisse de leurs investissements depuis des décennies mais elles devraient continuer d'emprunter pour préserver les dividendes versés aux actionnaires.

A environ 37 dollars, le prix du baril évolue très loin du seuil de 60 dollars nécessaire pour que des groupes comme Total, Statoil ou BP équilibrent leurs compte, un point mort qui a pourtant été fortement réduit depuis 18 mois.

Les compagnies vont donc être forcées de réduire encore leurs dépenses, de supprimer des postes et de retarder certains projets.

Selon le cabinet de conseil spécialisé norvégien Rystad Energy, les investissements mondiaux dans le pétrole et le gaz devraient ainsi tomber cette année à 522 milliards de dollars (481 milliards d'euros), après une baisse de 22% à 595 milliards en 2015.

"Ce sera la première fois depuis la crise des cours pétroliers de 1986 que l'on connaîtra deux années consécutives de baisse des investissements", a précisé à Reuters Bjornar Tonhaugen, vice-président de Rystad Energy.

Parallèlement, le secteur, dont le ratio dette/fonds propres est relativement bas, autour de 20% ou en dessous de ce seuil pour certains groupes, va recourir à l'emprunt pour compenser le manque de revenus lié à la faiblesse des cours et assurer le maintien de son niveau de dividende, prédisent des sources du secteur.

Royal Dutch Shell n'a pas réduit son dividende depuis 1945 et la direction actuelle n'entend pas faire exception à la règle. Le reste du secteur est sur la même ligne, de peur d'indisposer les actionnaires, parmi lesquels figurent souvent certains des principaux fonds d'investissement et fonds de pension de la planète.

Exxon Mobil et Chevron affichent des ratios d'endettement parmi les plus bas des grands noms du secteur alors que ceux de Statoil et Repsol figurent parmi les plus élevés, selon Jason Gammel, analyste de Jefferies.   Suite...

 
Face à des cours du brut proches de leurs plus bas niveaux depuis 11 ans, les principales compagnies pétrolières et gazières mondiales risquent de connaître la plus longue période de baisse de leurs investissements depuis des décennies mais elles devraient continuer d'emprunter pour préserver les dividendes versés aux actionnaires. /Photo d'archives/REUTERS/Mohammed Ameen