L'indépendance de la banque centrale turque à nouveau en cause

mardi 22 décembre 2015 19h37
 

par Daren Butler et Nevzat Devranoglu

ISTANBUL (Reuters) - La banque centrale turque a maintenu ses taux directeurs inchangés jeudi, une décision surprise qui ravive les inquiétudes sur son indépendance et remet la livre sous pression.

Les investisseurs et économistes s'attendaient très majoritairement à ce que l'institut d'émission relève ses taux pour contrer les pressions inflationnistes et contenir la baisse de la livre, la devise turque affaiblie par l'escalade de la violence dans le sud-est du pays, à majorité kurde, et la montée des tensions avec la Russie.

La Banque centrale de la République de Turquie (CBRT) a pourtant opté pour le statu quo pour le 10e mois consécutif, malgré un taux d'inflation qui a atteint 8,1% en novembre, bien au-dessus de son objectif de 5%.

Elle a fait savoir toutefois qu'elle commencerait à "simplifier" sa politique monétaire à compter de sa prochaine réunion en janvier si les conditions le permettent - un signal aux investisseurs qui demandent le retour à un taux directeur unique plutôt que le système actuel de taux multiples, jugé complexe.

"Tout cela soulève à nouveau de sérieuses questions sur l'indépendance de la CBRT. Même des analystes comme moi très haussiers sur la Turquie en sont réduits à essayer de comprendre", concède Timothy Ash, chez Nomura International.

"La CBRT dit que la simplification pourrait commencer quand la volatilité aura cessé. Franchement, cela sonne comme un nouveau prétexte pour ne pas durcir la politique monétaire."

La livre a accusé le coup après l'annonce de la CBRT et se traitait à 2,9371 pour un dollar dans l'après-midi, une baisse de près de 1% par rapport à son cours de 2,9130 lundi soir.

L'indice Bist 100 de la Bourse d'Istanbul a cédé de son côté 0,29% à 73.102,10 points après avoir gagné 1,2% lundi.   Suite...

 
La banque centrale turque a maintenu ses taux directeurs inchangés jeudi, une décision surprise qui ravive les inquiétudes sur son indépendance et remet la livre sous pression. /Photo d'archives/REUTERS/Murad Sezer