L'Italie adopte un budget suscitant des doutes de l'UE

mardi 22 décembre 2015 19h07
 

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le parlement italien a définitivement adopté mardi le projet de budget 2016 présenté par Matteo Renzi malgré les réserves de la Commission européenne face aux nombreuses dispositions susceptibles de déroger aux règles budgétaires de l'Union européenne.

La mesure phare de ce projet est l'abolition de la taxe sur les résidences principales, à l'image de ce qu'avait décidé en son temps Silvio Berlusconi, ce qui pourrait coûter environ 3,5 milliards d'euros à l'Etat.

La loi de finances supprime aussi des prélèvements sur les équipements agricoles et industriels, offre des exemptions fiscales aux entreprises investissant dans des dépenses d'équipement et abaisse la redevance télévisuelle.

Matteo Renzi a aussi ajouté ces dernières semaines dans le projet de budget une prime mensuelle de 80 euros pour les policiers et les militaires et un versement exceptionnel de 500 euros pour tous les Italiens âgés de 18 ans à dépenser dans des activités culturelles, comme le cinéma.

Ses détracteurs accusent le président du Conseil de multiplier les cadeaux à l'approche des élections municipales prévues l'année prochaine en Italie.

Matteo Renzi réplique que les mesures en faveur des forces de l'ordre sont nécessaires à la lumière des attentats du 13 novembre à Paris qui ont fait 130 morts et que "à chaque euro dépensé pour la sécurité doit correspondre un euro dépensé pour la culture".

Le budget, déjà approuvé par la Chambre des députés, a été adopté au Sénat par 162 voix contre 125 par le biais d'un vote de confiance, nettement avant la date butoir fixée à la fin de l'année.

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Le parlement italien a définitivement adopté mardi le projet de budget 2016 présenté par Matteo Renzi (photo) malgré les réserves de la Commission européenne face aux nombreuses dispositions susceptibles de déroger aux règles budgétaires de l'Union européenne/. /Photo prise le 17 décembre 2015/REUTERS/François Lenoir