Les suppressions de postes vont s'accélérer dans la banque

lundi 21 décembre 2015 19h23
 

par Anjuli Davies, Sinead Cruise et Steve Slater

LONDRES (Reuters) - Une croissance économique atone, un environnement réglementaire contraignant et des changements technologiques accélérés se conjugueront encore en 2016 pour pousser les banques européennes à réaliser de nouvelles réductions de coûts, dont l'emploi sera le premier touché, estiment analystes et investisseurs.

Dix des plus grandes banques européennes ont annoncé 130.000 suppressions de postes depuis juin, soit plus que le total des deux années précédentes, selon des données collectées par Reuters.

Les réductions d'effectifs vont devoir encore s'accentuer et s'accélérer si le secteur bancaire européen veut améliorer sa rentabilité et se rapprocher des niveaux atteints par les banques américaines, estiment des investisseurs.

"Nous interprétons les suppressions de postes comme le signe d'un changement structurel et pas seulement conjoncturel vers des banques de plus petite taille", dit Jamie Clarke, qui co-dirige la recherche macroéconomique de la société de gestion Liontrust.

Malgré les milliers de suppressions de postes intervenues pendant et à la suite de la crise financière de 2007-2009, la nouvelle vague de destructions d'emplois dans le secteur en Europe souligne à quel point les banques européennes sont en retard par rapport à leurs concurrentes américaines dans la mise en oeuvre de changements structurels indispensables.

Les 78.000 suppressions de postes annoncées par 18 des plus grandes banques européennes sur 2013-2014 représentaient 4,1% de leurs effectifs alors que les six plus grandes banques américaines ont supprimé plus de 7% des leurs sur la même période.

Moins d'un tiers des banques de la zone euro présentaient une structure leur permettant d'espérer dégager une rentabilité satisfaisante sur la durée contre 80% des banques américaines, selon une étude sur 300 grandes banques internationales publiée l'année dernière par le Fonds monétaire international.

"Les banques américaines ont presque toutes fait ce qu'il y avait à faire et sont sur une pente ascendante", dit Chris Wheeler, analyste sur le secteur bancaire chez Atlantic Equities.   Suite...

 
Siège de Deutsche Bank à Francfort. Une croissance économique atone, un environnement réglementaire contraignant et des changements technologiques accélérés se conjugueront encore en 2016 pour pousser les banques européennes à réaliser de nouvelles réductions de coûts, dont l'emploi sera le premier touché, /photo pris ele 29 octobre 2015/REUTERS/Kai Pfaffenbach