La Fed donne un coup de pouce à la BCE en relevant ses taux

jeudi 17 décembre 2015 17h21
 

par Francesco Canepa et John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - En resserrant sa politique monétaire pour la première fois depuis près de 10 ans, la Réserve fédérale américaine a rendu service à la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait voir retomber la pression exercée par ceux qui lui réclament de nouvelles mesures d'assouplissement.

Devenue réalité, la divergence des politiques monétaires entre les deux principales banques centrales de la planète présente quelques avantages pour l'institution de Francfort.

Engagée depuis mars sur la voie de l'assouplissement quantitatif (QE), la BCE a abaissé le 3 décembre dernier l'un de ses taux directeurs - le taux des dépôts passé encore plus en territoire négatif - et prolongé d'au moins six mois son programme d'achats de titres sur les marchés.

Les investisseurs ont jugé ces mesures insuffisantes, reprochant notamment à la banque centrale de ne pas avoir augmenté le montant de ses achats mensuels, qui reste à 60 milliards d'euros.

En relevant mercredi son taux d'intervention, la Fed a entraîné immédiatement une baisse de l'euro, un phénomène qui aurait un double avantage pour la BCE s'il se prolongeait puisqu'il aurait comme effet à la fois de favoriser les exportateurs de l'union monétaire et de réveiller une inflation assoupie.

La réaction calme des marchés à la décision de la Fed suggère en outre que les investisseurs acceptent le principe de la divergence entre les deux banques centrales, ce qui pourrait aider la BCE à poursuivre sur sa voie actuelle sans trop de pression.

L'EURO POURRAIT ENCORE BAISSER   Suite...

 
La présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen. En resserrant sa politique monétaire pour la première fois depuis près de 10 ans, la Réserve fédérale américaine a rendu service à la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait voir retomber la pression exercée par ceux qui lui réclament de nouvelles mesures d'assouplissement. /Photo prise le 16 décembre 2015/REUTERS/Jonathan Ernst