Vers un compromis entre l'Etat et Renault-Nissan

jeudi 10 décembre 2015 21h10
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Les discussions entre l'Etat et Renault-Nissan avancent et devraient déboucher sur un compromis, ont indiqué jeudi soir plusieurs sources proches du dossier, à la veille d'un conseil d'administration de Renault présenté comme décisif.

Les réunions de négociations entre les deux principaux actionnaires du constructeur automobile français, l'Etat et Nissan, se sont enchaînées toute la semaine, avec pour objectif de parvenir à un accord avant le conseil de vendredi matin présenté comme une "échéance importante" par le PDG Carlos Ghosn.

"Nous faisons des progrès vers un accord qui rétablira l'équilibre de l'alliance", a dit à Reuters une source proche de Renault-Nissan. "Mais le compte n'y est pas encore."

Du côté du gouvernement, on indique aussi qu'un accord de principe a été trouvé sur certains sujets de dispute, mais qu'il reste encore à en définir les détails.

Faute d'arrangement avant vendredi, Nissan avait menacé de dénoncer l'accord fondateur de 2002, qui lui interdit actuellement d'augmenter sa participation de 15% sans droit de vote dans son partenaire français.

Selon la réglementation japonaise, un relèvement de la participation de Nissan dans Renault à 25% reviendrait à annuler les droits de vote de Renault chez lui, ce qui mettrait effectivement fin au contrôle français sur l'alliance.

"C'est une sérieuse menace. Un risque que Bercy ne voudra pas prendre. Donc Carlos Ghosn est en position de force", a souligné une source au fait de la position du gouvernement.

Renault-Nissan et le ministère de l'Economie ont refusé de faire un commentaire.   Suite...

 
Les discussions entre l'Etat et Renault-Nissan avancent et devraient déboucher sur un compromis, ont indiqué jeudi soir plusieurs sources proches du dossier, à la veille d'un conseil d'administration de Renault présenté comme décisif.  /Photo prise le 13 novembre 2015/REUTERS/Christian Hartmann