Le rachat de FRHI par AccorHotels coûte cher selon des analystes

jeudi 10 décembre 2015 13h56
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le luxe a un prix. Le rachat de FRHI Holdings par AccorHotels est stratégique pour le groupe hôtelier français, qui se renforce sur le très haut de gamme et le marché américain, mais il est aussi cher payé, estiment des analystes.

AccorHotels a annoncé mercredi l'acquisition des prestigieuses marques Raffles, Fairmont et Swissôtel pour 2,64 milliards d'euros, comblant ainsi ses manques dans le segment du luxe et une quasi-absence aux Etats-Unis.

Avec ces trois marques, le groupe français porte de 15% environ à 35% son exposition au segment du luxe.

"L'opération semble cher payée (...) au regard des caractéristiques 'asset light' (les hôtels sont gérés à 90% en contrat de management) de FRHI", estiment les analystes de Credit Suisse, pour lesquels l'impact relutif sur le bénéfice par action sera limité.

Cette acquisition permettra cependant à AccorHotels d'être mieux placé dans la perspective d'une nouvelle consolidation, ajoutent-ils.

Le secteur de l'hôtellerie mondiale, qui vient de voir le rachat de Starwood par Marriott pour 12 milliards de dollars, est en pleine restructuration pour mieux concurrencer les agences de réservation en ligne (OTA) comme Booking et les plates-formes de location entre particuliers, Airbnb en tête.

Les analystes de Kepler Cheuvreux estiment que FRHI apporte à AccorHotels une légitimité qu'il n'avait pas dans le luxe, le groupe étant jusqu'ici surtout reconnu pour ses enseignes économiques et milieu de gamme (Ibis, Mercure).

Avec une valorisation estimée à 3,8 fois l'Ebitda après synergies, le prix payé par AccorHotels leur semble "raisonnable" par comparaison aux 12,7 fois payés par Marriott pour Starwood avant synergies.   Suite...

 
Selon des analystes, le rachat de FRHI Holdings par AccorHotels pour 2,64 milliards d'euros est stratégique pour le groupe hôtelier français, qui se renforce sur le très haut de gamme et le marché américain, mais il est aussi jugé cher payé au regard des caractéristiques de sa cible. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen