Les assureurs tentent de préempter l'ubérisation de leur métier

mardi 8 décembre 2015 11h32
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Conscients qu'ils n'échapperont pas à l'"ubérisation" de leur métier, les assureurs se mettent à leur tour à l'heure de la révolution digitale, en nouant des partenariats avec les réseaux sociaux et en investissant au capital de start-ups.

Le monde de la finance ne peut plus s'abriter derrière les contraintes réglementaires et prudentielles. Avec les nouvelles technologies et l'expansion de l'économie numérique et collaborative, la digue n'est pas insubmersible.

Les banques en font d'ailleurs l'expérience et voient débarquer de nouveaux acteurs, à l'image de Prêt d'Union dans le crédit à la consommation ou du "compte-nickel", le premier compte sans banque.

Le phénomène d'ubérisation et l'ère digitale ouvrent aux assureurs de nouveaux marchés, mais il représente aussi une menace potentielle, en particulier au niveau de la conception et de la distribution de produits d'assurance.

"Si les assureurs traditionnels ne s'adaptent pas aux nouveaux modes de vie, de communication et de relation clients, ce sont de nouveaux entrants qui le feront", explique Nathalie Mostowski, directrice associée de la société de conseil Oresys. "Même si les contraintes réglementaires et prudentielles et le principe de mutualisation des risques font que les assureurs ne sont pas dans une situation de menace absolue."

"Dans la chaîne de valeur de l'assurance, c'est la partie distribution et conception d'offres qui est la plus menacée par le phénomène d'ubérisation", poursuit-elle.

Dans leurs stratégies commerciales et marketing, les assureurs intègrent de plus en plus les réseaux sociaux dans leurs canaux de distribution, en plus de l'internet et des réseaux classiques de courtiers et d'agences.

C'est ainsi qu'Axa a noué dès 2014 des partenariats avec Facebook et LinkedIn dans le cadre de sa stratégie digitale.   Suite...