Iran, Irak, Russie contre une baisse de la production de pétrole

jeudi 3 décembre 2015 22h00
 

par Shadia Nasralla

VIENNE (Reuters) - Les pays producteurs de pétrole ne sont guère susceptibles de s'entendre sur des mesures visant à faire remonter les cours après le rejet par l'Iran, l'Irak et la Russie jeudi d'une proposition de baisse concertée de la production apparemment formulée par l'Arabie saoudite.

L'Arabie saoudite, premier producteur de brut au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), était prête à suggérer aux autres membres du cartel une diminution d'un million de barils par jour de la production à condition que les pays non-Opep participent à l'initiative, a rapporté le site spécialisé Energy Intelligence.

Une source saoudienne a ensuite qualifié ces informations de "sans fondement". Mais cela n'a pas empêché Energy Intelligence de maintenir sa version des faits.

Les cours du pétrole, également favorisés par la chute du dollar, ont bondi d'environ 3% à la suite de ces informations mais les analystes sont d'avis qu'un accord mondial est hors de portée.

L'Arabie saoudite a dit à plusieurs reprises par le passé qu'elle n'accepterait une baisse de sa production qu'à condition que les autres membres de l'Opep et des pays en dehors de l'organisation suivent le mouvement.

Selon Energy Intelligence, citant un délégué de l'Opep, Ryad serait prêt à diminuer sa production si l'Irak accepte de geler la hausse prévue de la sienne et si l'Iran ainsi que la Russie, le Mexique, Oman et le Kazakhstan -- ces quatre derniers pays n'étant pas membres de l'Opep -- consentent également à des baisses de production.

Les Saoudiens aimeraient qu'un tel accord soit mis en oeuvre l'an prochain mais ne s'attendent pas à une décision définitive dès vendredi à Vienne, ajoute-t-on de même source.

Une telle proposition destinée à équilibrer les cours marquerait un revirement dans la stratégie de l'Opep, qui visait jusqu'à présent à défendre ses parts de marché en maintenant un niveau de production élevé.   Suite...

 
Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zangeneh. Les pays producteurs de pétrole sont peu susceptibles de s'entendre sur des mesures visant à faire remonter les cours après le rejet par l'Iran, l'Irak et la Russie jeudi d'une proposition de baisse concertée de la production apparemment formulée par l'Arabie saoudite. /Photo prise le 3 décembre 2015/REUTERS/Heinz-Peter Bader