L'hôtellerie parisienne se prépare à des mois difficiles

mercredi 2 décembre 2015 19h47
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'hôtellerie parisienne, plombée par les attentats du 13 novembre, se prépare à des mois difficiles après une courte embellie permise par la conférence des Nations unies sur le climat (COP21).

Après une chute brutale de chiffre d'affaires, comprise entre 30% et 40% dans les jours qui ont suivi les attaques de Paris, selon les chiffres de l'Union des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH), le secteur a repris des couleurs grâce à l'accueil de quelque 40.000 personnes venues participer à la conférence du Bourget.

"Paris profite d'une embellie grâce à la COP21, qui masque des tendances négatives", commente Georges Panayotis, président du cabinet spécialisé MKG Group, interrogé par Reuters.

Le revenu par chambre disponible (Revpar), indicateur clé de l'activité hôtelière permettant de comparer les performances d'établissements de taille différente, était ainsi en hausse de 22% trois jours après le début de la conférence, par rapport à la même période de l'an dernier.

Cette hausse de la fréquentation a surtout profité aux chaînes et aux établissements haut de gamme, fréquentés par les délégations officielles des chefs d'Etat, tandis que les hôtels indépendants ont continué à souffrir.

"C'est très difficile pour les indépendants, plus exposés au loisir qu'au voyage d'affaires", note Georges Panayotis.

Hormis la bouffée d'oxygène apportée par la COP21, les perspectives restent sombres pour l'hôtellerie de la capitale, victime d'une chute du tourisme.

Le PDG d'AccorHotels Sébastien Bazin a évoqué un "impact économique réel" et un "trou d'air" qui pourrait prendre jusqu'à quatre mois pour se résorber.   Suite...

 
Dans l'hôtellerie haut de gamme et les palaces parisiens, le chiffre d'affaires a chuté de 35% au mois de novembre et l'activité devrait plonger de 40% à 50% en décembre, selon Didier Le Calvez, dirigeant de la branche "prestige" de l'UMIH et PDG du Bristol (photo). /Photo prise le 27 juillet 2015/REUTERS/Stéphane Mahé