Alexis Tsipras soumet le plan d'aide à la Grèce à référendum

samedi 27 juin 2015 08h15
 

par George Georgiopoulos et Michele Kambas

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé tard vendredi soir la tenue le 5 juillet prochain d'un référendum pour ou contre les propositions "en forme d'ultimatum" présentées dans la journée par les créanciers de la Grèce.

"Ces propositions violent clairement les règles européennes et les droits fondamentaux au travail, à l'égalité et à la dignité, montrant que l'objectif poursuivi par certains de nos partenaires et certaines 'institutions' n'était pas un accord viable pour toutes les parties, mais peut-être l'humiliation d'un peuple tout entier", a-t-il dit lors d'une courte allocution télévisée à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire.

Tsipras, de retour de Bruxelles où des négociations marathon avec ses partenaires européens et le Fonds monétaire international (FMI) n'ont pas permis de déboucher sur un accord "argent frais contre réformes", a indiqué qu'il demanderait une prolongation de quelques jours du plan de renflouement en cours, qui arrive en principe à échéance mardi prochain, 30 juin, le jour où la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.

Porté au pouvoir après la victoire de son parti de gauche radicale Syriza aux élections législatives de janvier dernier sur la promesse d'en finir avec l'austérité, Tsipras a précisé qu'il avait prévenu François Hollande, Angela Merkel et Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, de son projet de référendum.

Selon Gabriel Sakellaridis, le porte-parole du gouvernement grec, ce dernier aurait fait montre de "compréhension et de sensibilité" lors de sa conversation téléphonique avec Tsipras.

Le président de la BCE, dit-on dans l'entourage du Premier ministre, devrait rencontrer ce samedi le vice-Premier ministre grec Giannis Dragassakis, le ministre des Finances Yanis Varoufakis et le négociateur en chef Euclide Tsakalotos.

La proposition des "institutions" (Commission européenne, BCE et FMI), a fait valoir Tsipras, font peser un "fardeau insupportable" sur la nation grecque, qu'il appelle à apporter une "réponse solide" à cet "ultimatum".

"Face à ce chantage visant à vous faire accepter un programme d'austérité humiliant, sans fin et sans perspective (...), je vous appelle à vous prononcer en souveraineté et avec fierté ainsi que l'exige l'Histoire fière des Grecs", a-t-il dit.   Suite...

 
Alexis Tsipras à la sortie d'un conseil des ministres extraordinaire à Athènes. Le Premier ministre a annoncé tard vendredi soir la tenue le 5 juillet prochain d'un référendum pour ou contre les propositions "en forme d'ultimatum" présentées dans la journée par les créanciers de la Grèce. /Photo prise le 27 juin 2015/REUTERS/Marko Djurica