Week-end crucial pour la Grèce et ses créanciers

vendredi 26 juin 2015 22h07
 

par Renee Maltezou et Jan Strupczewski

BRUXELLES/ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a convoqué un conseil des ministres d'urgence vendredi, les bailleurs de fonds de la Grèce l'ayant prévenue qu'elle avait le week-end pour accepter un accord aide contre réforme au risque, dans la négative, de se retrouver en situation de défaut.

En dépit de déclarations tranchées et d'accusations de "chantage", les négociations se poursuivent à Bruxelles pour tenter d'arracher un compromis qui maintienne la Grèce dans la zone euro et évite ainsi une tourmente économique, politique et financière.

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a déploré l'attitude qu'il juge intransigeante des créanciers (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne), qu'il accuse de durcir leurs positions à chaque fois qu'Athènes fait une concession mais il estime qu'une entente est possible.

"Je ne vois aucune raison pour que nous n'ayons pas un accord", a-t-il dit, dans un entretien à la chaîne de télévision grecque Antenna, écartant les rumeurs d'élections anticipées en cas d'échec à Bruxelles.

"Il n'y a aucune raison d'organiser un référendum ou des élections ou encore que les négociations échouent. Le bon sens réclame un accord."

Maniant la carotte et le bâton, les partenaires de la Grèce veulent bien débloquer des milliards d'euros d'aide si la Grèce accepte de réformer sa fiscalité et son régime des retraites, un tabou pour le gouvernement de gauche radicale élu en janvier sur la promesse de mettre fin à l'austérité.

Ils ont également pris en compte la demande de Tsipras d'alléger la dette en proposant de confirmer un engagement remontant à 2012 par lequel serait éventuellement envisagé une prorogation des maturités des emprunts, une baisse de leurs taux et un moratoire sur les intérêts des prêts à la Grèce, a dit un haut fonctionnaire européen.

Toutefois, un haut fonctionnaire gouvernement grec a jugé "totalement hors de propos" la proposition des créanciers de prolonger de cinq mois le programme d'aide en cours.   Suite...

 
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Bruxelles. En dépit de déclarations tranchées et d'accusations de "chantage", les négociations se poursuivent pour tenter d'arracher un compromis qui maintienne la Grèce dans la zone euro et évite ainsi une tourmente économique, politique et financière. /Photo prise le 26 juin 2015/REUTERS/Yves Herman