June 25, 2015 / 11:10 AM / 2 years ago

Les discussions sur la Grèce reprennent sous haute tension

5 MINUTES DE LECTURE

Alexis Tsipras à Bruxelles. Les ministres des Finances de la zone euro vont étudier jeudi d'une part un plan de financement soumis par les créanciers d'Athènes, d'autre part les propositions grecques, les négociations n'ayant pas permis d'aboutir à un compromis. /Photo prise le 25 juin 2015/Yves Herman

BRUXELLES/ATHENES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro vont étudier jeudi d'une part un plan de financement soumis par les créanciers d'Athènes, d'autre part les propositions grecques, les négociations avec la Grèce n'ayant pas permis d'aboutir à un compromis, ont déclaré des responsables de la zone euro.

Les discussions de l'Eurogroupe devaient débuter à 13h30 (11h30 GMT) sur la base du projet sur lequel se sont mis d'accord début juin à Berlin l'Allemagne, la France, la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne, ce que les dirigeants de l'UE appellent depuis "l'aide-mémoire".

Outre le plan de financement, les ministres débattront d'une liste de mesures que la Grèce est censée adopter avant le versement de toute nouvelle aide financière.

"L'Eurogroupe va travailler sur la base de l'aide-mémoire et la liste des mesures préalables. Nous n'avons rien reçu de la partie grecque", a déclaré un responsable de la zone euro.

En début de matinée, la Commission, le FMI et la BCE avaient donné au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, jusqu'à 11h00 (9h00 GMT) pour leur soumettre de nouvelles propositions de réformes aptes à éviter à la Grèce de se trouver dès mardi prochain en situation de défaut sur sa dette.

Des diplomates expliquent que la tactique adoptée par les créanciers traduit leur exaspération face au refus d'Alexis Tsipras de tout compromis sur les dossiers clés que constituent les retraites, la réforme du marché du travail, les salaires et la fiscalité, ce que le parti du Premier ministre, Syriza, appelle ses "lignes rouges".

Des responsables grecs proches des négociations ont expliqué qu'Athènes avait déjà fait des concessions sur ces lignes rouges en proposant de relever certains impôts et taxes et d'augmenter les contributions sociales des retraités.

A leurs yeux, les créanciers ont prouvé qu'ils n'avaient pas la volonté d'aboutir à un accord en modifiant de manière abrupte les estimations du produit de chacune des mesures proposées, ce qui a rendu difficile l'élaboration d'une proposition acceptable.

athènes Demande Toujours Un allègement De La Dette

Un responsable gouvernemental grec a déclaré qu'Athènes s'en tenait aux propositions soumises cette semaine aux créanciers et qu'elle en défendrait une version modifiée.

"La partie grecque reste ferme sur ses propositions, qui ont été reconnues comme une base de discussion il y a quelques jours", a-t-il dit. "Le gouvernement grec a fait preuve de responsabilité et de la volonté de parvenir à une solution. Le temps est venu de juger de la responsabilité et de la volonté de chaque partie."

Athènes doit rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI mardi, 30 juin, et un défaut sur un échéance pourrait obliger les autorités à mettre en place des mesures de contrôle des capitaux, engageant le pays sur une voie susceptible de le conduire à une sortie de la zone euro.

"Les exigences des créanciers visant à ramener sur la table des mesures destructrices montrent que le chantage à l'égard de la Grèce a atteint son paroxysme", a déclaré Nikos Filis, porte-parole des députés Syriza, à la chaîne de télévision Mega.

Il a ajouté que son parti continuait d'exiger qu'un allègement du fardeau de la dette figure dans tout accord.

"Il ne peut y avoir d'accord sans référence solide et sans décisions spécifiques sur la question de la dette elle-même", a déclaré de son côté Panos Skourletis, le ministre grec du Travail, dans un entretien accordé à la radio-télévision publique ERT.

A Francfort, une source proche des débats au sein de la direction de la BCE a rapporté que Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, avait exprimé à ses collègues de la zone euro ses inquiétudes au sujet de l'octroi de fonds d'urgence aux banques grecques.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui tient une téléconférence quotidienne sur la situation financière de la Grèce, a néanmoins autorisé jeudi le montant de liquidités d'urgence (ELA) sollicité par la Grèce pour ses banques, a dit une source bancaire à Athènes, sans préciser quel était ce montant.

Les marchés financiers ont passé la matinée en baisse mais sont repassés dans le vert à la mi-séance, y compris la Bourse d'Athènes, qui gagnait 0,5% vers 10h35 GMT. L'euro, lui, était stable à 1,12 dollar.

avec Michele Kambas et James Mackenzie; Marc Angrand pour le service français

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