Les discussions sur la Grèce reprennent sous haute tension

jeudi 25 juin 2015 13h05
 

par Jan Strupczewski et George Georgiopoulos

BRUXELLES/ATHENES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro vont étudier jeudi d'une part un plan de financement soumis par les créanciers d'Athènes, d'autre part les propositions grecques, les négociations avec la Grèce n'ayant pas permis d'aboutir à un compromis, ont déclaré des responsables de la zone euro.

Les discussions de l'Eurogroupe devaient débuter à 13h30 (11h30 GMT) sur la base du projet sur lequel se sont mis d'accord début juin à Berlin l'Allemagne, la France, la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne, ce que les dirigeants de l'UE appellent depuis "l'aide-mémoire".

Outre le plan de financement, les ministres débattront d'une liste de mesures que la Grèce est censée adopter avant le versement de toute nouvelle aide financière.

"L'Eurogroupe va travailler sur la base de l'aide-mémoire et la liste des mesures préalables. Nous n'avons rien reçu de la partie grecque", a déclaré un responsable de la zone euro.

En début de matinée, la Commission, le FMI et la BCE avaient donné au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, jusqu'à 11h00 (9h00 GMT) pour leur soumettre de nouvelles propositions de réformes aptes à éviter à la Grèce de se trouver dès mardi prochain en situation de défaut sur sa dette.

Des diplomates expliquent que la tactique adoptée par les créanciers traduit leur exaspération face au refus d'Alexis Tsipras de tout compromis sur les dossiers clés que constituent les retraites, la réforme du marché du travail, les salaires et la fiscalité, ce que le parti du Premier ministre, Syriza, appelle ses "lignes rouges".

Des responsables grecs proches des négociations ont expliqué qu'Athènes avait déjà fait des concessions sur ces lignes rouges en proposant de relever certains impôts et taxes et d'augmenter les contributions sociales des retraités.

A leurs yeux, les créanciers ont prouvé qu'ils n'avaient pas la volonté d'aboutir à un accord en modifiant de manière abrupte les estimations du produit de chacune des mesures proposées, ce qui a rendu difficile l'élaboration d'une proposition acceptable.   Suite...

 
Alexis Tsipras à Bruxelles. Les ministres des Finances de la zone euro vont étudier jeudi d'une part un plan de financement soumis par les créanciers d'Athènes, d'autre part les propositions grecques, les négociations n'ayant pas permis d'aboutir à un compromis. /Photo prise le 25 juin 2015/REUTERS/Yves Herman