Le FMI prive la Grèce de l'espoir d'un délai de grâce

jeudi 18 juin 2015 18h01
 

par Robin Emmott et Angeliki Koutantou

LUXEMBOURG/ATHENES (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a privé jeudi la Grèce de tout espoir d'éviter un défaut à la fin du mois si elle ne lui rembourse pas 1,6 milliard d'euros, entretenant une guerre des nerfs avec un gouvernement grec qui maintient son discours de fermeté face aux exigences des créanciers.

Les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis à Luxembourg pour une réunion qui n'a que brièvement été présentée comme celle de la dernière chance, la Grèce ayant affirmé qu'elle n'entendait pas y discuter de nouvelles propositions.

Pour le ministre des Finances irlandais, Michael Noonan, il reviendra au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens de la semaine prochaine de lever définitivement, si possible, l'hypothèque d'un défaut grec.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijssebloem, a dit pour sa part que l'Eurogroupe n'avait pas discuté de la proposition de la Grèce d'une restructuration de sa dette parce qu'il voulait au préalable une mise en oeuvre des réformes promises.

"Nous n'avons pas discuté de cette proposition parce que l'ordre logique des choses est d'obtenir d'abord un accord sur les termes de l'accord en matière de mesures budgétaires, de réformes, etc., avant de regarder vers l'avenir", a-t-il dit.

Le blocage de la situation a des conséquences concrètes en Grèce où les déposants ont retiré deux milliards d'euros sur les trois premiers jours de la semaine, soit environ 1,5% du montant total des comptes bancaires du pays, qui s'élevait à 133,6 milliards d'euros fin avril, selon des sources.

Athènes a en outre fait état d'une chute de 24% des recettes fiscales en mai, même si le pays a dégagé un excédent primaire, soit avant service de la dette, sur la période janvier-mai.

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La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, et le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. Le FMI a privé jeudi la Grèce de tout espoir d'éviter un défaut à la fin du mois si elle ne lui rembourse pas 1,6 milliard d'euros, entretenant une guerre des nerfs avec un gouvernement grec qui maintient son discours de fermeté face aux exigences des créanciers. /PHoto prise le 18 juin 2015/REUTERS/François Lenoir