Face à la hausse des taux, l'Etat a encore un peu de marge

dimanche 14 juin 2015 11h24
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La brutale remontée des taux des emprunts à long terme des Etats de la zone euro a eu un impact sérieux sur leurs conditions de financement mais elle ne menace pas encore les prévisions budgétaires du gouvernement français.

Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans, la référence de la zone euro, est passé d'un plus bas historique de 0,05% mi-avril à un plus haut de 1,06% mercredi sur le marché secondaire et celui de son équivalent français a grimpé d'un plus bas record de 0,33% à un plus haut de l'année à 1,40%.

La France, qui procède tous les premiers jeudis du mois à une adjudication de dette à long terme, a été parmi les premières victimes et a dû concéder le 4 juin un taux moyen de 1,28% pour emprunter 4,9 milliards d'euros d'obligations à 10 ans contre 0,98% en mai.

Ce niveau est nettement plus élevé que la moyenne prévue par le gouvernement pour l'ensemble de 2015 (0,85%) et supérieur au taux le plus élevé prévu pour cette année (1,2% fin 2015).

Mais, selon le ministère des Finances, les émissions à 10 ans depuis janvier se sont faites en moyenne au taux de 0,7%. Et le programme d'émissions moyen/long terme pour 2015 est déjà réalisé à 62,3%.

Selon l'entourage du ministre des Finances, Michel Sapin, ces bons résultats, enregistrés notamment grâce à des mois de mars et avril très favorables, doivent compenser les éventuels surcoûts sur le reste de l'année.

La baisse du coût du service de la dette malgré la hausse continue du montant de cette dernière est un des leviers utilisés ces derniers temps par le gouvernement pour compenser les dérapages budgétaires constatés par ailleurs.

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La brutale remontée des taux des emprunts à long terme des Etats de la zone euro a eu un impact sérieux sur leurs conditions de financement mais elle ne menace pas encore les prévisions budgétaires du gouvernement français. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic