Athènes reporte ses paiements, Tsipras devant le Parlement

vendredi 5 juin 2015 10h30
 

par George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Le ministre délégué grec à la Sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, figure de l'aile radicale du parti Syriza, a prévenu vendredi matin que le gouvernement d'Alexis Tsipras pourrait être contraint d'organiser des élections anticipées si les créanciers d'Athènes n'assouplissent pas leur position.

Présenté cette semaine au Premier ministre grec, le projet préparé par le Groupe du Bruxelles est jugé inacceptable par Athènes, qui a opté pour un report à la fin du mois du remboursement de 300 millions d'euros dus au FMI initialement prévu ce vendredi.

Athènes a regroupé en une seule échéance payable le 30 juin ses quatre remboursements dus ce mois-ci - 1,6 milliard d'euros au total -, repoussant ainsi le risque d'une faillite imminente.

C'est la première fois depuis le début de la crise de la dette il y a cinq ans que le gouvernement grec n'honore pas une échéance de remboursement sur les 240 milliards d'euros qui lui ont été prêtés en échange de réformes sociales et économiques et d'une politique d'austérité. Mais les autorités grecques affirment avoir les moyens de payer.

Interrogé par la BBC, le ministre grec de l'Economie, George Stathakis, a réaffirmé vendredi matin que "le gouvernement grec ne (pouvait) pas accepter les nouvelles propositions mises sur la table".

Alexis Tsipras, qui s'est une nouvelle fois entretenu jeudi soir au téléphone avec Angela Merkel et François Hollande, doit informer le Parlement grec de l'avancée des négociations ce vendredi à 15h00 GMT.

A ses ministres, le chef du gouvernement, qui doit composer avec l'aile radicale de son parti, a d'ores et déjà déclaré qu'il ne pouvait pas accepter les "propositions extrêmes" qui lui ont été soumises mercredi soir à Bruxelles par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

"Tout le monde doit comprendre que le peuple grec a souffert pendant ces cinq dernières années et qu'il faut arrêter de jouer à ses dépens", a poursuivi Tsipras, dont les propos tenus jeudi devant ses ministres ont été rapportés par un responsable gouvernemental.   Suite...

 
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à Bruxelles.La Grèce a annoncé jeudi au Fonds monétaire international qu'elle reportait à la fin du mois un remboursement prévu vendredi après qu'Alexis Tsipras, confronté à la fronde d'une partie de sa majorité, a demandé des modifications aux conditions des créanciers, jugées trop dures. /Photo prise le 3 juin 2015/REUTERS/François Lenoir