Macron justifie l'opération Areva-EDF par l'international

jeudi 4 juin 2015 09h49
 

PARIS (Reuters) - Le projet de reprise de l'activité réacteurs d'Areva par EDF se justifie en particulier par la nécessité de rendre la filière nucléaire plus efficace à l'international, a déclaré jeudi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

L'Etat français a validé mercredi ce projet selon lequel EDF devrait devenir l'actionnaire majoritaire d'Areva NP, qui inclut la construction des réacteurs nucléaires, l'assemblage des combustibles et les services à la base installée, et il prévoit de recapitaliser Areva "à la hauteur nécessaire".

Dans un premier temps, les activités de conception, de gestion de projets et de commercialisation des réacteurs neufs seront rapprochées dans une société dédiée, ce qui doit notamment permettre "une politique d'exportation ambitieuse", selon le communiqué diffusé mercredi par l'Elysée.

"Il faut que le camp français travaille ensemble à l'international. Quand on regarde qui va commander les prochaines centrales en France, pour le renouvellement du parc nucléaire et sa modernisation, ce sera EDF", a déclaré Emmanuel Macron sur France Info.

"A l'international c'est la même chose, (pour) les grands marchés on nous demande qu'il y ait EDF", a-t-il ajouté.

EDF a déposé le 22 mai une offre indicative de rachat des d'Areva NP qui atteint selon la presse un peu plus de deux milliards d'euros, à comparer avec une valorisation de 2,7 milliards d'euros dans les comptes d'Areva.

Le projet suscite des craintes chez Areva car il laisserait au groupe le seul contrôle des mines d'uranium et du combustible et marquerait de fait la fin de son "modèle intégré", qui implique une présence sur l'intégralité des activités nucléaires.

Les syndicats, qui s'opposent à la cession de l'activité réacteurs à EDF et à la suppression de 3.000 à 4.000 postes en France annoncée début mai, rejettent en outre l'idée qu'Areva se retrouve seul avec les passifs liés au réacteur EPR en construction en Finlande (OL3).

Les retards et surcoûts de ce projet ont conduit Areva à enregistrer 4,6 milliards d'euros de provisions jusqu'ici.   Suite...

 
Dans la centrale nucléaire de La Hague. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a déclaré que le projet de reprise de l'activité réacteurs d'Areva par EDF se justifiait en particulier par la nécessité de rendre la filière nucléaire plus efficace à l'international. /Photo prise le 22 avril 2015/REUTERS/Benoît Tessier